L'un des deux adolescents accusés du triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières devrait plaider coupable aux accusations portées contre lui lundi.

Triple meurtre: les deux suspects accusés de meurtres prémédités

Les noms des victimes non publiésL'article 111 de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents interdit la publication de l'identité de victimes lorsqu'elles sont d'âge mineur et lorsque l'infraction aurait été commise par une personne d'âge mineur. Cette clause s'applique même en cas de décès. C'est la raison pour laquelle les noms des victimes du triple meurtre de Trois-Rivières n'apparaissent pas dans les différents articles du Nouvelliste publiés aujourd'hui sur ce sujet. Ces noms ne pourraient être publiés que si les familles donnent leur accord.
Me René Duval représente un des deux coaccusés.
C'est sous une kyrielle d'accusations graves que les présumés responsables du triple meurtre commis mardi dans le secteur Trois-Rivières-Ouest ont comparu mercredi au palais de justice de Trois-Rivières. Et c'est justement la gravité des accusations qui pourrait conduire les deux adolescents à être assujettis à une peine normalement réservée aux adultes.Les deux adolescents, âgés de 17 et de 16 ans, font chacun face à six accusations.
Ils sont tous les deux accusés d'avoir commis un meurtre au premier degré à l'égard des trois victimes de la tuerie, deux jeunes femmes et un jeune homme, survenu mardi matin dans une résidence de la rue Sicard. Ils sont accusés d'avoir comploté pour le meurtre des trois victimes. Ils font aussi face à une accusation de complot pour le meurtre de la mère des deux jeunes femmes et de complot pour le meurtre de plusieurs policiers.
L'ambiance dans la salle de cour était immensément lourde, alors que les deux adolescents ont fait leur entrée dans le box des accusés, peu avant midi. Habillés d'une combinaison blanche fournie par les services de justice, les deux adolescents n'ont manifesté aucune réaction durant les quelques minutes qu'a duré leur comparution.
Aussitôt que Me René Duval et Me Jean-François Lauzon, ainsi que Me David Guévin, eurent confirmé l'identité de leur client au juge Yvan Cousineau, Me Hippolite Brin a adressé une requête à la cour. Le procureur de la poursuite a demandé que les accusés soient assujettis à une peine pour adultes, même s'ils sont d'âge mineur (le premier vient d'avoir 17 ans, alors que le deuxième a eu 16 ans l'automne dernier).
À la demande des trois avocats de la défense, une ordonnance de non-publication a été émise par la cour en lien avec les faits entourant les événements. Les trois procureurs ont réservé leur choix quant à un plaidoyer. Ils ont mentionné que la communication de la preuve n'était pas complétée.
Les avocats ont d'ailleurs été peu bavards à la sortie de la cour. «Après consultation entre nous, il n'est pas approprié de faire des commentaires», a déclaré Me René Duval, qui se faisait le porte-parole des procureurs de la défense.
La cause sera de retour en cour le 25 février.
Passage remarqué
Cette histoire de triple meurtre par balles a suscité beaucoup de réactions et d'émoi au sein de la population. La comparution des deux accusés à la Cour de la jeunesse a d'ailleurs été marquée par la présence de plusieurs membres des familles des victimes des meurtres. Ceux-ci occupaient la moitié des sièges de la petite salle d'audience. Le père d'un des accusés était dans l'assistance, mais l'autre accusé n'avait aucun parent sur place.
Plusieurs avocats de la Couronne s'étaient déplacés afin d'en apprendre davantage sur cette étape des procédures.
Le père d'un des accusés a décliné la demande d'entrevue présentée par Le Nouvelliste.