La tristesse demeure vive quelques jours après le triple meurtre qui a emporté deux soeurs de 17 et 22 ans et un adolescent de 17 ans.

Triple meurtre: le père des soeurs tuées veut se battre pour prévenir de tels drames

Alors qu'il pleure la perte de deux de ses enfants, le père des deux soeurs qui auraient été assassinées la semaine dernière à Trois-Rivières par deux adolescents souhaite se «battre» pour que n'arrivent plus de tels drames.
<p>Le directeur général du CMI, Réjean Lemay, l'instigatrice du rassemblement, Marianik Dubois et Roxanne Goulet-Massicotte, ont livré un vibrant hommage aux trois victimes du triple meurtre.</p>
<p>Quelques centaines de personnes ont rendu hommage samedi aux trois victimes du drame de la rue Sicard. </p>
Le directeur général du Collège Marie-de-l'Incarnation (CMI), Réjean Lemay, école que fréquentait une des jeunes victimes du triple meurtre, a souligné samedi lors d'une cérémonie à la mémoire des trois disparus que le père endeuillé estime qu'un mécanisme devrait être mis en place pour pouvoir intervenir auprès des personnes qui publient des propos troublants sur les réseaux sociaux.
«J'ai discuté avec le père de deux des trois victimes. J'ai trouvé quelqu'un qui était profondément touché de perdre ses deux enfants en même temps. Malgré toute la tristesse et la difficulté qu'il avait à échanger avec moi, il souhaite un mécanisme qui va permettre peut-être de contrer ce genre de chose», a souligné Réjean Lemay le directeur général du CMI alors que plusieurs centaines de personnes rendaient hommage aux trois victimes.
Le père de deux des trois victimes du drame survenu mardi dernier sur la rue Sicard souhaite mettre en place un mécanisme qui pourrait détecter les situations alarmantes sur les réseaux sociaux, car rappelons-le, la page Facebook d'un des deux accusés est truffée de commentaires et de publications forts troublants.
«On a vu sur les médias sociaux qu'un des deux accusés a mis des choses en ligne qui étaient très sombres. Si demain matin je veux essayer d'aider ce gars-là, j'appelle qui, j'appelle où? Comment je fais pour éviter que ce qui s'est produit se produise? En trouvant des ressources pour venir en aide à ce gars», a souligné M. Lemay en résumant la pensée du père de deux des victimes.
«Ce que le père des deux filles disait, c'est que ça sera son combat maintenant.»
Malgré un homme démoli par la souffrance de la perte de deux enfants, Réjean Lemay voit en ces propos de l'espoir. Celui d'un homme qui dans la souffrance extrême désire encore améliorer le sort de son prochain. «Pour un homme qui a perdu deux enfants il y a quelques jours, d'être capable d'affirmer qu'il y a un avenir et d'être capable de dire qu'il faut bouger, je trouve ça exceptionnel et extraordinaire.»
Des centaines de personnes rendent hommage aux victimes
La tristesse et l'incompréhension habitaient le coeur de chaque personne présente samedi après-midi à la cérémonie en l'honneur des trois jeunes victimes du triple meurtre, deux soeurs et le copain de l'une d'elles, qui a bouleversé toute la population de Trois-Rivières. Ils étaient quelques centaines à se recueillir à l'extérieur du CMI, école que fréquentait une des victimes.
La grande communauté du CMI est solidaire dans ces difficiles épreuves. Les anciens élèves et les adolescents qui fréquentent actuellement l'école ont partagé leur souffrance et rendu hommage aux trois jeunes victimes de ce drame insensé. Les centaines de personnes ont répondu à l'invitation de Marianik Dubois, une ancienne étudiante du CMI diplômée en 2011. Ce grand rassemblement, où la couleur orange, qui représente le mouvement de solidarité envers les victimes et leurs familles, était une fois de plus à l'honneur.
Des textes rendant hommage aux victimes ont d'ailleurs été accrochés sur des ballons orange avant que ceux-ci soient libérés et prennent leur envol.
Roxanne Goulet-Massicotte était très proche d'une des victimes. L'adolescente a courageusement lu un texte très émouvant lors de la cérémonie. Elle se disait ravie de voir autant de personnes présentes pour rendre hommage aux jeunes gens dont la vie s'est terminée bien trop vite.
«C'était des personnes vraiment exceptionnelles. Tout le monde les aimait. Ils étaient gentils, exceptionnels», a-t-elle confié après la cérémonie.
Les participants à la cérémonie voulaient aussi témoigner leurs sincères sympathies envers les familles des trois victimes. Les épreuves auxquelles sont confrontés les proches des deux soeurs assassinées et du copain d'une d'elles bouleversent énormément de gens.
«J'étais dans la même troupe de théâtre qu'une des victimes. Nous faisions des comédies musicales ensemble. C'était une fille talentueuse et super gentille avec tout le monde», a souligné avec tristesse la jeune Anne-Frédérique Naud quelques instants après la cérémonie.
Le directeur général du CMI avoue que la semaine a été très difficile pour les élèves et enseignants du collège. Réjean Lemay estime toutefois que les rassemblements permettent aux jeunes «d'évacuer la tristesse et les émotions qui accompagnent ce drame».
«Il ne faut pas sous-estimer la capacité des adolescents d'absorber un choc comme celui-là. Ils sont beaucoup plus résilients que ce qu'on peut penser», a précisé M. Lemay.
Rappelons que deux adolescents sont accusés notamment de meurtre prémédité et de complot pour meurtre pour l'assassinat des trois jeunes. Un des deux présumés meurtriers n'aurait pas accepté qu'une des jeunes victimes refuse ses avances.