Triple meurtre à Trois-Rivières

Une petite rue paisible d'un quartier cossu de Trois-Rivières a été le théâtre d'un triple meurtre, mardi matin. Deux soeurs et un jeune homme ont été retrouvés morts par les policiers, quelques instants après que ceux-ci eurent arrêté deux adolescents qui sortaient de la maison.
«Trois personnes ont été retrouvées mortes. Elles sont décédées d'une mort brutale. Il s'agit de deux jeunes femmes et d'un jeune homme», a confirmé en fin d'après-midi mardi l'agent Michel Letarte, porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières.
Peu avant 8 heures mardi matin, les policiers ont reçu un appel au 9-1-1 demandant de se rendre sur la rue Sicard située dans un quartier résidentiel du secteur Trois-Rivières-Ouest. Plusieurs autos-patrouilles de la Sécurité publique de Trois-Rivières se sont alors rapidement rendues sur place. Dès leur arrivée, ils ont vu deux adolescents sortir de la maison.
Danielle Poitras, une voisine, a vu les policiers qui tenaient en joue les deux jeunes hommes avant de les arrêter. La dame affirme aussi que les deux adolescents, qui sont considérés par les policiers comme les principaux suspects, se sont rendus les mains derrière la tête.
«Je croyais que les policiers arrêtaient deux jeunes qui s'étaient évadés de prison. Après leur arrestation, ils ont été mis dans les autos-patrouilles. C'était comme dans une scène de l'émission 19-2», a souligné Danielle Poitras en avouant qu'elle ne se doutait pas du tout que trois personnes avaient été tuées à quelques mètres de son domicile. «C'est lorsque j'ai vu le poste de commandement que je me suis douté de quelque chose.»
Après avoir arrêté les deux suspects, âgés de 17 ans, les policiers ont fait la triste découverte des trois corps à l'intérieur de la maison, une jeune femme au début de la vingtaine, une adolescente de cinquième secondaire et son ami de coeur. Leur décès a été constaté sur place. La Sécurité publique affirme que les victimes ont été tuées de «façon brutale». Des sources indiquaient hier au Nouvelliste que les trois jeunes ont été assassinés avec une arme à feu, élément que les policiers refusaient de confirmer.
En début de journée, les policiers ont identifié les victimes et communiqué avec leurs familles. La mère des deux jeunes filles ne se trouvait pas au domicile familial lorsque les événements sont arrivés. Elle était à son travail, à Joliette. Bien que les noms des victimes circulaient abondamment hier sur les réseaux sociaux, la police ne voulait pas divulguer ces informations tant que tous les proches n'avaient pas été informés.
La Sécurité publique de Trois-Rivières ne pouvait toutefois pas encore déterminer mardi si les suspects connaissaient les victimes.
«Nous travaillons toujours à faire les liens entre les victimes et les suspects que nous avons arrêtés», a ajouté l'agent Letarte.
«Nous sommes au début de l'enquête. Est-ce que les victimes et les suspects se connaissaient? Est-ce qu'il s'agit d'une invasion de domicile? Est-ce que les suspects sont les auteurs du crime? Nous tentons de trouver les réponses», a renchéri le porte-parole de la Sécurité publique en précisant que l'enquête policière déterminera les accusations qui pourraient être déposées contre les deux adolescents arrêtés.
Des sources affirmaient cependant mardi qu'une histoire de coeur serait à l'origine du triple meurtre, hypothèse que n'a pas voulu confirmer la Sécurité publique. Un de ces adolescents a publié lundi soir sur sa page Facebook un commentaire qui s'adressait à son présumé complice et qui disait: «I'm dead inside» (Je suis mort à l'intérieur). De plus, l'adolescent affiche plusieurs peintures et dessins montrant des scènes de torture et de démons. Des commentaires de personnes dénonçant très sévèrement le geste qu'il aurait commis ont été publiés hier soir sur sa page Facebook.
En fin d'après-midi mardi, les enquêteurs spécialisés en identification judiciaire ont finalement pu commencer leur travail d'investigation. Ils ne pouvaient débuter plus tôt, car ils attendaient les autorisations judiciaires nécessaires pour amorcer l'étude de la scène de crime. Lors d'une telle enquête, chaque élément doit être pris en considération dans la demande de mandat. Si les policiers n'ont pas de mandat, les preuves recueillies pourraient être jugées irrecevables par les tribunaux.
«Nous avons le soutien du service d'identité judiciaire de la Sûreté du Québec qui collabore avec notre propre service d'identité judiciaire», a souligné l'agent Michel Letarte.
Les enquêteurs étudiaient hier soir chaque élément qui pourrait expliquer les circonstances du crime, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la maison. Le terrain de la maison et la rue ont d'abord été passés au peigne fin. Rien n'était laissé au hasard.
Plusieurs enquêteurs étaient aussi sur place hier tout comme le poste de commandement de la Sécurité publique afin de faire la lumière sur cette sordide histoire.
Un large périmètre de sécurité a été érigé hier par les policiers. La rue Sicard, qui est située dans un quartier résidentiel habituellement réputé pour sa tranquillité, était bien sûr fermée à la circulation.