Le bilan du projet «Proférer» a été présenté jeudi par Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec en Mauricie, et Luc Mongrain, porte-parole de la police de Trois-Rivières.
Le bilan du projet «Proférer» a été présenté jeudi par Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec en Mauricie, et Luc Mongrain, porte-parole de la police de Trois-Rivières.

Trafic de stupéfiants: la police met fin aux activités d’une cellule

Trois-Rivières — Un projet réunissant la police de Trois-Rivières et la Sûreté du Québec a permis d’arrêter des gens du crime organisé qui tentaient d’imposer leur loi sur le marché des stupéfiants par la violence. Quelque 24 arrestations ont eu lieu au cours des dernières semaines, ce qui a permis vraisemblablement de mettre fin aux activités d’une cellule qui voulait s’imposer dans la capitale régionale.

La police de Trois-Rivières a remarqué en février dernier que le milieu de la vente de stupéfiants était davantage marqué par des gestes de grande violence. Certaines victimes ont subi des blessures de la part de ces individus qui ont commis entre autres des braquages à domicile, des enlèvements, des séquestrations et des voies de fait armées. Une tentative de meurtre a aussi été observée par les policiers.

C’est ce qui a incité la police trifluvienne à demander le concours de la SQ.

«Le milieu de la vente de stupéfiants ne veut pas attirer l’attention des policiers. Dans le contexte, c’est un groupe qui tentait de s’introduire et de prendre le contrôle, ce qui a créé ce genre de guerre», explique le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la police trifluvienne, lors d’une conférence de presse tenue jeudi avec la SQ pour présenter le bilan du projet «Proférer».

«L’objectif était de faire cesser la violence dans le milieu des stupéfiants. La collaboration a permis de neutraliser les acteurs reliés à la recrudescence de cette violence», raconte la sergente Éloïse Cossette, porte-parole régionale de la SQ.

Selon le sergent Mongrain, l’élément déclencheur a été une intervention policière menée le 13 avril dans le secteur de Sainte-Marthe. Une personne avait contacté la police, car sa santé était menacée. À l’arrivée des policiers, ceux-ci avaient remarqué le départ en trombe d’un taxi. Quatre individus ont été arrêtés. En vérifiant la résidence où ils s’étaient rendus, les policiers ont constaté que deux personnes y avaient été amenées de force et qu’elles avaient été victimes de violence.

Durant les six semaines qu’a duré le projet «Proférer», la police a récolté de nombreuses informations, ce qui a conduit à la réalisation de 13 perquisitions dans différents secteurs de Trois-Rivières. En plus d’avoir trouvé 30 armes (fusils, poings américains, pistolets à plomb) et 83 munitions, la police a saisi 331 grammes de cocaïne, 159 grammes de cannabis illicite, 26 grammes de haschich et 22 grammes de crack. Elle a aussi mis la main sur 395 comprimés de méthamphétamine, 23 comprimés d’ecstasy, 4477 comprimés de drogues diverses, 160 litres de GHB, 23 téléphones cellulaires, une veste pare-balles volée à l’Université Laval de Québec et 4635 $ en argent liquide.

Dix-huit hommes et six femmes ont été arrêtés. Ces personnes, majoritairement de Trois-Rivières, sont âgées de 19 à 47 ans. Elles sont accusées notamment de trafic de stupéfiants, d’enlèvement, de séquestration, d’extorsion et de possession d’armées prohibées.

Maintenant que ces gens ont tous été arrêtés, les forces de l’ordre savent très bien que d’autres personnes pourraient être tentées de reprendre les affaires.

«On demeure attentif à la relève dans le trafic de stupéfiants», assure la sergente Cossette.

Cette dernière invite les victimes et les témoins de ces crimes à communiquer avec la centrale d’information criminelle de la SQ (1 800 659-4264) ou à la police de Trois-Rivières (819 691-2929 poste 7). La police assure que les échanges demeurent confidentiels.