Guillaume Dupuis-Roy

Sursis de sentence pour Dupuis-Roy

Trois-Rivières — Guillaume Dupuis-Roy, cet individu de 32 ans qui avait plaidé coupable d’avoir proféré des menaces contre le juge Jacques Trudel ainsi que le psychiatre Alexandre Dumais, pourra bénéficier d’un sursis de sentence. L’homme, qui a déjà été déclaré délinquant à contrôler, devra toutefois se soumettre à une série de conditions à respecter durant une probation de trois ans, a tranché la juge Claire Desgens lundi, au palais de justice de Trois-Rivières.

On se souviendra que Dupuis-Roy avait proféré des menaces, en juillet 2017, contre le juge Trudel qui s’apprêtait à le déclarer délinquant à contrôler, de même que contre le psychiatre qui avait produit le rapport pour en arriver à cette conclusion. Cette déclaration survenait après que l’homme eût proféré des menaces, un an plus tôt, à l’endroit de son ex-conjointe, en lui mettant un couteau sur la gorge et en lui disant «Je vais t’extirper le gibier du corps».

Lorsque le juge Trudel avait rendu sa décision, Guillaume Dupuis-Roy avait, par visioconférence, proféré des menaces en disant notamment qu’il lui crèverait les yeux avec ses lunettes.

L’accusé avait plaidé coupable aux accusations de menaces et d’intimidation envers des personnes associées au système judiciaire en septembre dernier. Le procureur de la Couronne au dossier, Me Jean Caron, avait suggéré à la juge d’imposer une peine de 18 mois de détention pour ce crime, que la juge a par ailleurs qualifié d’objectivement très grave et passible d’une peine maximale de 14 ans de pénitencier.

Toutefois, la juge s’est rendue aux arguments de l’avocat de la défense, Me Louis R. Lupien, qui suggérait une sentence suspendue assortie d’une probation. La juge a reconnu que l’accusé présentait une problématique de santé mentale, que ses paroles, bien que violentes et pouvant faire craindre pour la sécurité des victimes, n’avaient pas été prononcées de façon préméditées, mais bien de manière spontanée et dans un moment de grande désorganisation de l’individu.

Elle a par ailleurs relevé que l’accusé avait reparlé au psychiatre Alexandre Dumais depuis les événements, qu’il n’était survenu aucun incident fâcheux et que l’accusé n’entretenait plus de ressentiment envers les deux personnes ayant fait l’objet de menaces.

La juge a également reconnu que depuis son plaidoyer de culpabilité, l’accusé avait fait des progrès, lui qui habite présentement au Centre communautaire carcéral Martineau, à Montréal, dans le cadre de son suivi de sept ans comme délinquant à contrôler. Dans un contexte où il est très bien encadré, il prend sa médication et s’est même trouvé du travail en répondant bien aux attentes de ses supérieurs.

La juge a ainsi statué que l’accusé «revenait de loin», et a dit avoir beaucoup de réserves d’«anéantir ce cheminement» en imposant une peine de prison, elle qui ajoute qu’il serait inapproprié de faire des exemples avec des personnes ayant des problématiques de santé mentale.

Guillaume Dupuis-Roy devra toutefois se soumettre à une série de conditions à respecter, et a été bien averti qu’il pourrait se voir immédiatement imposer une peine de 12 à 18 mois s’il devait manquer à une seule de ces conditions.

Il lui est interdit de communiquer avec le juge Jacques Trudel et le psychiatre Alexandre Dumais, de se rendre à leur domicile ou sur le lieu de travail de ces derniers, sauf si requis par ses dossiers judiciaires. Il ne doit pas se trouver au palais de justice de Trois-Rivières sauf s’il y est convoqué et, dans ce cas, doit prévenir les constables spéciaux de sa visite 24 heures à l’avance. Il doit continuer de demeurer au Centre communautaire carcéral Martineau et se plier à tous leurs règlements.

Il ne pourra pas posséder d’armes, ne doit pas consommer d’alcool ni de drogues, doit prendre sa médication et suivre les traitements prescrits par son médecin de famille et devra finalement fournir un échantillon d’ADN.