La publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo la concernant, contre son consentement, a eu des conséquences majeures pour une jeune femme de la région.

Sur les réseaux sociaux contre son gré

TROIS-RIVIÈRES — Une expérience sexuelle a eu des conséquences majeures pour une jeune femme de la région alors que la vidéo de ses ébats s’est retrouvée sur les réseaux sociaux, et ce, sans son consentement.

Deux individus doivent d’ailleurs faire face à la justice en lien avec cette infraction. L’un d’eux est le YouTuber Carlos Desjardins, bien connu des jeunes. Il est accusé d’avoir publié des images intimes d’une personne sachant que celle-ci n’y avait pas consenti ou sans se soucier de savoir si elle y avait consenti. Il est en effet soupçonné d’avoir filmé les ébats sexuels de la jeune femme avec un autre homme dans une chambre de l’hôtel Urbania à Trois-Rivières dans la nuit de 5 au 6 novembre 2016 et de les avoir diffusés sur Snapchat.

Or, la jeune femme l’aurait pourtant averti qu’elle ne voulait pas être filmée, ce à quoi il lui aurait répondu qu’il masquerait son visage ou qu’il n’utiliserait pas cet enregistrement. Le lendemain matin, elle a cependant commencé à recevoir des insultes via les réseaux sociaux. Elle a alors découvert que la fameuse vidéo avait été diffusée et qu’on pouvait la reconnaître. La vidéo a été retirée après quelques heures mais le mal était fait. Compte tenu de la popularité du suspect sur le Web, les images compromettantes auraient été visionnées à près de 35 000 reprises.

Au cours de la même nuit, Guillaume Michaud, un jeune homme de Trois-Rivières né en 1995, a lui aussi publié sur sa page Facebook cette fameuse vidéo. En fait, il a filmé la vidéo avec son cellulaire après l’avoir vue sur le téléphone d’un ami, qui était un abonné de Carlos Desjardins. Selon son avocat, Me Eddy Ménard, il ne connaissait personnellement ni Carlos Desjardins ni la jeune femme. Il les avait tout au plus rencontrés dans un bar de Trois-Rivières dans les minutes avant leur départ pour l’hôtel. Il n’était pas non plus présent dans la chambre lors des ébats sexuels.

Même s’il était en état d’ébriété lors du délit, il a admis avoir publié ces images sans le consentement de la jeune femme. Il a donc plaidé coupable à cette infraction, portée par voie de déclaration sommaire, lors de son retour devant le tribunal mercredi. Son avocat a tenu à préciser que son client s’excusait sincèrement du geste qu’il a commis. «Il a tellement conscience de l’impact que cela a eu sur la victime. C’était une grosse erreur et il le sait», a-t-il déclaré.

Comme le jeune homme n’a aucun antécédent judiciaire, Me Ménard et la procureure de la Couronne Me Marie-Ève Paquet ont suggéré au tribunal d’ordonner la confection d’un rapport présentenciel pour les guider au niveau de la sentence. La cause a été reportée au 13 novembre. D’ici là, la Couronne contactera la victime pour savoir si elle veut témoigner sur les conséquences du délit dans sa vie. D’ores et déjà, on sait que les impacts ont été énormes car elle a entre autres dû déménager.

Quant à Carlos Desjardins, son dossier doit revenir en cour le 31 juillet au stade de l’orientation.