Le suicide était survenu dans le stationnement arrière du quartier général de la Sûreté du Québec sur la rue Tousignant.

Suicide dans le stationnement: aucune accusation ne sera portée contre la Sûreté du Québec

Trois-Rivières — Aucune accusation ne sera finalement portée dans le dossier du suicide de cet homme survenu dans le stationnement du quartier général de la Sûreté du Québec sur la rue Tousignant à Trois-Rivières en juillet 2018.

C’est du moins ce qui a été annoncé, mercredi, par le Directeur des poursuites criminelles et pénales après l’analyse du rapport du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI). « La preuve recueillie dans le cadre de l’enquête ne révèle pas la commission d’une infraction criminelle par les policiers de la Sûreté du Québec (SQ)», peut-on lire dans un communiqué.

Voici le résumé des faits tel que relaté par le DPCP : le 5 juillet 2018, vers 19 h 45, un homme de 63 ans s’était présenté une première fois au quartier général de la SQ à Trois-Rivières afin de parler à un policier. Deux agents l’avaient rencontré pendant près d’une heure. L’homme s’était plaint d’être suivi par des gens à bord de véhicules mais sans être en mesure d’identifier les véhicules, les personnes changeant de véhicules. Il disait se sentir surveillé.

Les policiers ont voulu en savoir plus sur sa santé mentale mais à chaque fois que le sujet a été abordé, l’homme s’est offusqué, insistant plutôt pour dire qu’il n’était pas malade.

Les policiers lui ont donc suggéré de prendre en note les numéros des plaques et la description des véhicules suspects et lui ont déconseillé de se procurer une arme après qu’il euit verbalisé ce souhait. La vérification faite par les policiers aura cependant démontré qu’il n’avait pas de permis d’acquisition d’arme et aucune arme en sa possession.

À aucun moment, il n’a verbalisé ni laissé sous-entendre qu’il pourrait se faire du mal à lui-même ou à autrui. Il ne présentait pas non plus de traits dépressifs ou agressifs.

Le 13 juillet 2018, vers 19 h, il est revenu au quartier général de la SQ pour fournir des numéros de plaques d’immatriculation et des descriptions de véhicules mais les vérifications n’ont révélé aucun élément suspect.

Le 14 juillet 2018, un des agents a essayé de contacter l’homme par téléphone pour lui expliquer que les recherches étaient négatives mais sans succès.

Le 15 juillet 2018, vers 21 h, l’homme est retourné au poste et a de nouveau été questionné sur son problème d’anxiété. Il a affirmé ne pas être intéressé à contacter un CLSC.

Le 23 juillet 2018, vers 10 h 45, un avis d’audition lui a été signifié visant à obtenir une ordonnance du tribunal lui interdisant la possession d’armes.

Le 27 juillet 2018, il a comparu au palais de justice de Trois-Rivières relativement à cette ordonnance d’interdiction préventive de possession d’armes.

Le 28 juillet 2018, il a dit à son voisin qu’il ne le reverrait pas pendant un certain temps à cause d’une opération chirurgicale. Il lui a laissé les clés de son domicile. Il a aussi signé une note s’apparentant à un testament mais celle-ci n’a pas été remise aux policiers.

Le 29 juillet 2018, vers midi, l’homme a été vu pour la dernière fois dans sa voiture par son voisin.

Le 31 juillet 2018, vers 7 h 30, son corps a été retrouvé sans vie sur le siège du conducteur de sa voiture. Le rapport d’autopsie a conclu que le décès était attribuable à un traumatisme craniocérébral secondaire à une décharge d’arme à feu tirée au front à bout touchant ou presque.

Dans les conclusions du DPCP, on peut y lire : « La preuve au dossier révèle que les policiers ont fait tout ce qui était possible pour aider l’homme dans ses démarches. Bien qu’il semblait souffrir de paranoïa, rien ne permettait aux policiers d’amener de force l’homme à consulter à l’hôpital. La Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui permet à un policier d’amener, sans l’autorisation du tribunal, une personne contre son gré dans un établissement de santé dont l’état mental présente un danger grave et immédiat pour elle-même ou autrui ne pouvait trouver application. L’homme ne présentait pas un danger immédiat pour lui‑même ou les autres. Il était calme et réceptif lors de chacune des rencontres avec les policiers.»

C’est pourquoi le DPCP soutient qu’il n’y a rien dans la conduite des policiers impliqués qui soit de nature à engager leur responsabilité criminelle.