Steve Desjardins connaîtra sa sentence le 11 mars

TROIS-RIVIÈRES — C’est le 11 mars que Steve Desjardins, ce promoteur et entrepreneur en construction de la région, connaîtra sa sentence pour avoir produit du cannabis en 2013.

L’homme de 43 ans avait d’ailleurs plaidé coupable à cette infraction en octobre dernier. Lors d’une perquisition menée par les enquêteurs de la police de Trois-Rivières le 23 octobre 2013, 530 plants avaient été retrouvés dans un conteneur derrière les locaux de son entreprise, qui était alors située sur le boulevard Thibeau. Les plants avaient été coupés et placés dans sept ballots différents.

Steve Desjardins avait admis la production mais selon lui, il avait plutôt cultivé 50 plants. Il avait prétendu que les policiers avaient confondu les plants avec les branches lors du dénombrement.

Lors des plaidoiries sur sentence qui ont eu lieu, mardi, au palais de justice de Trois-Rivières, la procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière, a réclamé qu’une peine de 18 mois de prison lui soit imposée, en plus d’une probation de 18 mois également, incluant un suivi d’un an en lien avec une problématique de toxicomanie.

Elle a rappelé que la production de cannabis est toujours interdite au Québec et qu’elle est maintenant punissable d’une peine maximale de 14 ans en vertu de la nouvelle Loi sur le cannabis. Qui plus est, à l’époque du délit, la loi prévoyait même une peine minimale de deux ans. En ce sens, elle a précisé qu’à titre d’homme d’affaires et promoteur, Steve Desjardins savait très bien qu’il agissait dans l’illégalité. C’est pourquoi elle a insisté sur l’importance pour les tribunaux de se montrer sévère dans le cadre des nouvelles dispositions législatives sur le cannabis. «La possession est permise lorsqu’on s’en procure à la SQDC mais la production demeure toujours un crime grave», a-t-elle martelé.

Quant au fait qu’il s’est écoulé près de six ans depuis son arrestation, elle estime que le temps n’efface en rien le crime et sa gravité. Elle a certes admis que son rapport pré-sentenciel était assez positif mais elle s’est dite préoccupée par son réel degré de responsabilisation et de conscientisation.

Pour sa part, Me Louis R. Lupien à la défense a grandement insisté sur les facteurs atténuants dans cette affaire. Selon lui, son client devrait avoir droit à une sentence suspendue, assortie d’un don. Il a rappelé que Steve Desjardins est un père de famille et qu’il est investi dans une relation stable avec sa conjointe depuis plusieurs années. Il n’a aucun antécédent judiciaire et il a plaidé coupable.

Il soutient que rien dans la preuve n’indique qu’il cultivait pour des fins de trafic. D’ailleurs, il a précisé que la culture de son client n’était pas très sophistiquée, ayant même été qualifiée d’amateur par les policiers.

Son client a plutôt été décrit comme un bon consommateur de cannabis, et ce, dans le but de soulager des douleurs importantes consécutives à un accident. En mars 2018, Santé Canada lui avait d’ailleurs accordé l’autorisation de fumer du cannabis à des fins thérapeutiques.

Quant au risque de récidive, Me Lupien l’a personnellement qualifié d’inexistant. Non seulement les démêlés judiciaires ont eu sur son client l’effet positif escompté, mais la médiatisation de cette affaire a également eu des conséquences particulièrement négatives pour son travail, sans parler de la honte qu’il vit. En se basant sur une décision juridique ayant valu à un producteur une absolution conditionnelle, Me Lupien a donc réclamé une sentence suspendue.

Le juge Simon Ricard a pris la cause en délibéré.