Stéphane Gingras, 34 ans, a été acquitté sur toute la ligne, lundi au palais de justice de Trois-Rivières.

Stéphane Gingras acquitté

TROIS-RIVIÈRES — Stéphane Gingras, cet homme de 34 ans accusé d’avoir commis des gestes de violence envers une fillette de 4 ans dont il avait eu la garde pendant quelques heures, a été acquitté sur toute la ligne lundi matin, au palais de justice de Trois-Rivières. Au terme d’un procès qui s’était déroulé sur plusieurs jours en mars dernier, le juge Jacques Trudel a acquitté l’homme, indiquant que l’ensemble de la preuve ne permettait pas de conclure à sa culpabilité hors de tout doute raisonnable.

Les événements qui lui étaient reprochés étaient réputés être survenus le 1er octobre 2015 dans une municipalité du Centre-du-Québec alors que le prévenu s’était vu confier pendant quelques heures la garde de l’enfant. Il était accusé d’avoir compressé sa tête avec un oreiller au point de lui infliger des lésions corporelles alors que la petite pleurait dans son lit le soir. La poursuite avait porté des accusations au terme d’une enquête dans ce dossier, notamment après que l’enfant ait fait des confessions à son père et qu’on ait également remarqué chez elle des pétéchies sur son visage, soit de petits picots rouges, de même qu’une hémorragie à l’œil.

Stéphane Gingras, défendu dans cette affaire par Me Alexandre Biron et Me Pénélope Provencher, a toujours nié devant le tribunal que de tels gestes avaient été posés, et ce, même si la Couronne a tenté, au cours de son contre-interrogatoire, de soulever des contradictions avec certaines déclarations qui avaient été faites aux policiers lors de l’enquête.

Le juge Trudel a conclu que l’ensemble de la preuve et des témoignages entendus en cours soulevaient un doute raisonnable qui ne pouvait que mener à l’acquittement de l’individu.

Bien que le juge reconnaisse qu’il ne peut pas évaluer le témoignage d’un enfant comme il évaluerait le témoignage d’un adulte, il soulève tout de même plusieurs contradictions dans le témoignage de la jeune fille, notamment sur le fait qu’elle relate à certains moments que les événements se soient produits le jour et à d’autres moments le soir, ou encore qu’il ait été question de trois oreillers à un moment, puis de deux à un autre moment. Toutefois, le fait que la jeune fille ait relaté à un moment qu’elle était couchée sur le dos, puis à un autre moment qu’elle ait été face contre le matelas, constitue une contradiction importante, selon le juge.

Par ailleurs, bien que deux témoins experts aient témoigné que les faits évoqués par la jeune fille aient pu causer les pétéchies et l’hémorragie de l’œil, les témoins ont aussi reconnu qu’ils n’auraient pas pu conclure automatiquement à ces gestes de maltraitance sans y accoler le récit de la jeune fille. En outre, le rapport d’une première consultation médicale survenue trois jours après les présumés événements n’a pas été produit en preuve, et ne permettait donc pas de savoir si les pétéchies pouvaient être visibles sur l’ensemble du corps, et donc en lien avec une infection virale, alors que la jeune fille se plaignait aussi d’un mal de gorge et de fièvre.

Le juge s’est également questionné sur des déclarations faites par la jeune fille, qui relatait que son frère aîné a mentionné vouloir téléphoner au 911, alors que plusieurs autres témoignages relataient plutôt que le jeune garçon a mentionné que sa sœur avait fait des cauchemars. Le jeune garçon n’a d’ailleurs pas été appelé à la barre des témoins pour éclaircir cette situation, mentionne le juge Trudel. Ce dernier a donc conclu que la version de la jeune fille ne pouvait supporter une conviction de culpabilité hors de tout doute raisonnable.

La procureure de la Couronne au dossier, Me Catherine Roberge, a indiqué à la sortie du tribunal ne pas avoir l’intention de porter un tel jugement en appel.