Six mois de prison dans la collectivité pour Charles Ndizeye

TROIS-RIVIÈRES — Charles Ndizeye a été condamné à une peine de six mois de prison pour s’être livré à des gestes de violence conjugale envers une ex-conjointe.

Il pourra cependant purger sa peine dans la collectivité. Au cours des deux premiers mois, il devra être à sa résidence 24 heures sur 24. Les quatre mois suivants, il devra respecter un couvre-feu. Son assignation à résidence comprend une série d’exceptions prévues par le tribunal. Il devra par ailleurs entreprendre une thérapie à Accord Mauricie concernant un problème de violence et effectuer 100 heures de travaux communautaires dans un délai de cinq mois. Une probation de deux ans lui a également été imposée avec un suivi d’une année. Il lui sera interdit de communiquer avec la victime et ses enfants sauf dans l’exercice de ses droits d’accès et il ne pourra pas avoir d’armes en sa possession.

Rappelons que Charles Ndizeye a plaidé coupable aux accusations de voies de fait portées contre lui dont certaines ayant causé des lésions corporelles. Dans cette affaire, quatre événements marquants de violence avaient notamment été relatés. En 2003, il avait frappé la dame sur le visage à main ouverte, lui causant des saignements au nez et à la bouche. Puis, alors qu’elle était enceinte de son deuxième enfant, il l’avait de nouveau frappée au visage lors d’une dispute. La même chose était survenue en 2010. Les policiers avaient été appelés, mais elle avait refusé de porter plainte. Finalement, en 2014, il lui avait notamment donné un coup de tête. Cette fois-ci, ce sont les enfants qui avaient appelé le 911. Elle avait ensuite décidé de porter plainte contre lui.

Lors des plaidoiries sur sentence, la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet avait réclamé une peine de six mois de prison avec une probation et un suivi. L’avocat de la défense, Me Jean-Sébastien Gladu, avait plutôt suggéré une sentence suspendue en invoquant les facteurs atténuants, tout particulièrement les origines culturelles et la violence dont M. Ndizeye a été témoin en Afrique. La juge Guylaine Tremblay a finalement opté pour le sursis dans la collectivité.

En effet, le choc des cultures s’était retrouvé au cœur de cette cause criminelle.

Dans une entrevue accordée au Nouvelliste, la victime avait d’ailleurs invité les autres femmes de la communauté africaine établies à Trois-Rivières à briser la loi du silence et à dénoncer la violence conjugale. Elle n’est pas la première femme dans sa situation à déplorer le fait que la communauté l’ait exclue après le dépôt d’une plainte.