Six individus condamnés pour des arnaques dans les épiceries

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Le dossier des arnaques commises dans des épiceries Maxi de la région s’est conclu cette semaine au palais de justice de Shawinigan avec la condamnation du dernier des six coaccusés.

Patrick Primeau Séguin a pu bénéficier d’une absolution conditionnelle pour sa participation dans cette affaire pour fraude et pour complot. Selon la preuve présentée par Me Marie-Ève Patry à la Couronne, il occupait une place élevée dans la hiérarchie de ce réseau, d’autant plus que sa mère Isabelle Primeau est celle qui occupait le premier rang. La juge Guylaine Tremblay n’a pas caché que le jeune homme avait un profil inquiétant et qu’il était un beau parleur, capable de «vendre un frigidaire aux esquimaux», selon l’expression consacrée. Cependant, en tenant compte du principe de la parité des sentences, elle lui a accordé l’absolution. L’individu devra verser 2500 $ à l’organisme Cavac et se soumettre à une probation pendant un an.

Sa mère, qui contrairement à son fils avait des antécédents judiciaires, avait pour sa part écopé de 12 mois de prison dans la collectivité.

Les autres accusés qui ont tous plaidé coupables sont Michael Fafard, Michael Charette, Henry Morin et Steven Leblanc. Le premier a eu droit une absolution inconditionnelle, le second et le troisième ont bénéficié d’une absolution conditionnelle, alors que le dernier a été condamné à 90 jours de prison discontinue compte tenu de ses antécédents.

La preuve a révélé que les accusés avaient amassé frauduleusement des dons dans plusieurs épiceries du Québec, dont à Shawinigan et à La Tuque, au profit d’organismes sans but lucratif en 2016 et 2017. On parle d’une somme de 3500 $ environ, du moins selon ce qui pouvait être démontré en cour. Ils proposaient aux clients d’emballer leur épicerie en échange de dons. Dans certains cas, les organismes sans but lucratif existaient mais l’argent recueilli ne leur était jamais remis. Parmi les OSBL pour lesquels ils prétendaient recueillir des fonds, il y avait Québec en scène, Le Héron et Les Premiers pas.

Dans le cas de ce dernier, les fraudeurs disaient amasser de l’argent pour rénover des chambres d’adolescents et ainsi aider les familles monoparentales mais en aucun temps l’argent n’a servi à cette fin. Pour accroître leur crédibilité, ils avaient même utilisé frauduleusement à une occasion le nom de l’humoriste bien connu Réal Béland.

Ils avaient finalement été interpellés à La Tuque. Parmi les clients du Maxi, il y avait alors une dame qui connaissait bien les dirigeants du prétendu organisme pour lesquels ils amassaient de l’argent et un policier qui avait trouvé louche leur façon d’agir. Les vérifications faites sur place avaient permis d’apprendre que la collecte de dons était frauduleuse.