Stéphane Gévry Gingras

Six ans pour une violation de domicile

TROIS-RIVIÈRES — Stéphane Gévry Gingras a été condamné à six ans de pénitencier pour sa participation à une violation de domicile dans la nuit du 5 au 6 novembre 2011 à Sainte-Angèle-de-Prémont.

En compagnie d’un complice, il s’était introduit par effraction dans la résidence d’un couple de personnes âgées vers minuit. Les deux suspects étaient alors cagoulés. À grands cris, ils avaient ligoté l’homme de 73 ans à une chaise en utilisant du ruban adhésif de type «Duck tape». La dame avait subi le même sort en plus d’être bâillonnée. Ils avaient ensuite exigé que le septuagénaire leur remette le contenu de son portefeuille sous peine de faire du mal à sa conjointe s’il refusait de coopérer. Une trentaine de minutes plus tard, les voleurs avaient réussi à mettre la main sur 400 $ en argent et des bijoux avant de prendre la fuite avec la voiture de la dame. Cette dernière avait dû être transportée à l’hôpital pour un choc nerveux.

Cependant, il avait fallu près de quatre ans aux policiers pour réussir à intercepter Stéphane Gévry Gingras. Ce dernier avait été trahi par son ADN retrouvé sur des morceaux de ruban adhésif ayant servi à ligoter les victimes. Il a donc plaidé coupable à des accusations d’introduction par effraction, vol qualifié, port de déguisement, séquestration et vol de véhicule. Quant à son complice, il court toujours.

Dans cette affaire, la procureure de la Couronne, Me Pascale Tremblay, réclamait l’imposition d’une peine de huit ans de pénitencier. L’avocat de Gévry Gingras, Me Yvan Braun, suggérait plutôt cinq ans de prison. Dans la sentence rendue lundi matin, le juge Jacques Trudel a finalement conclu que la peine appropriée dans les circonstances serait de six ans de prison. En tenant compte de la détention préventive, l’individu de 43 ans devra donc purger cinq ans, neuf mois et 20 jours derrière les barreaux.

Le juge n’a pas manqué de rappeler que les crimes commis par Gévry Gingras étaient non seulement graves mais qu’ils avaient été prémédités. Les malfaiteurs avaient pris soin de dissimuler leur visage avec des cagoules, ils avaient apporté avec eux du ruban adhésif et ils avaient coupé le fil du téléphone. Dans sa défense, Gévry Gingras avait raconté que son objectif était de donner une leçon au fils du couple mais comme celui-ci était absent, il s’en était pris à ses parents. Or, le fait qu’il ait attaqué des personnes âgées et vulnérables, dans leur propre maison avec, comme mobile, la vengeance et l’appât du gain, constituent tous des facteurs aggravants.

Plus encore, l’individu compte des antécédents judiciaires qui sont antérieurs à cette invasion de domicile mais aussi postérieurs. Le tribunal a noté à la lumière d’un rapport présentenciel qu’il a déjà fait partie d’un groupe de motards criminalisés de 2013 à 2015 et que le risque de récidive serait toujours présent. Qui plus est, il n’a jamais manifesté de remords ni de regrets pour ce qu’il a fait subir au couple; il a plutôt tenté de minimiser ses délits et de se justifier.

Certes, le prévenu a plaidé coupable, il a un emploi et bénéficie toujours du soutien de ses proches, ce qui représente des facteurs atténuants. Et, en se basant sur la jurisprudence pour des crimes de même nature, le tribunal retient que dans le cas présent, les victimes n’ont pas été frappées ni battues. Par contre, elles ont été envahies dans leur propre demeure.

À ce sujet, le juge Trudel a rappelé que la loi est claire: le domicile d’une personne constitue une forteresse, un refuge qui ne peut être violé.