Simon Kean condamné à dix mois de prison

Jugé coupable de voies de fait causant des lésions corporelles et de menace de mort il y a deux semaines, le boxeur Simon Kean écope d'une peine d'emprisonnement de 10 mois. Toutefois, étant donné qu'il est détenu de manière préventive depuis huit mois, il lui reste deux mois à purger.
Le juge Bruno Langelier en est arrivé à cette conclusion hier en fin d'après-midi après avoir entendu en matinée les représentations sur sentence. La nature des gestes reprochés, le non-respect de conditions et les antécédents judiciaires ont fait dire au président du tribunal que Kean a été «incapable de saisir cette opportunité pour démontrer qu['il emprunte] la voie de la réhabilitation». En tant qu'olympien, Kean doit aussi être conscient qu'il doit servir de modèle.
En revanche, la non-préméditation des gestes, l'absence de séquelles chez la victime et les capacités physiques et intellectuelles du boxeur ont été considérées comme étant des facteurs atténuants.
On se rappellera qu'en avril 2013, Kean est intervenu physiquement dans une bagarre impliquant David Pelletier et Sonny Doucet, le nouvel ami de coeur de Myriam Veilleux qui est l'ancienne amie de coeur de Pelletier. La cour l'a trouvé coupable d'avoir retenu Doucet pour permettre à Pelletier de le frapper.
Juste avant les représentations sur sentence, Simon Kean a exprimé ses regrets par rapport aux événements. Il s'est excusé auprès de Sonny Doucet et de Myriam Veilleux. Il s'est aussi excusé d'avoir déçu les personnes de son entourage.
«Je ne suis pas fier et je regrette. Je me suis mis les pieds dans les plats et j'ai manqué de jugement», a dit l'athlète de 25 ans, qui a vécu difficilement son expulsion de l'équipe olympique canadienne.
Les représentations sur sentence avaient amené Me Jean-François Lauzon à proposer au juge Langelier que les huit mois de détention préventive, purgés par Simon Kean depuis son arrestation en mai, représentaient une peine raisonnable. Me Lauzon reconnaissait que Kean aurait dû se mêler de ses affaires au lieu d'intervenir dans une bagarre qui impliquait un de ses amis. D'autre part, le fait que Kean ait suivi une cure de désintoxication et qu'il ait démontré du sérieux dans son entraînement de boxe, le conduisant aux Olympiques de Londres en 2012, prouvaient qu'il était capable de se prendre en main.
Au sortir de la salle d'audience, Me Lauzon exprimait sa satisfaction face à la décision du juge Langelier.
«J'ai discuté avec mon client. Il pense que c'est un bon jugement, il est satisfait de la façon avec laquelle le juge a détaillé le jugement. Il cerne ses problèmes, mais aussi ses capacités. Le juge croit à son potentiel», déclare Me Lauzon, en affirmant que des contacts seront repris avec Boxe Canada dès la sortie de prison de son client et qu'on va dorénavant entendre parler de Simon Kean en raison de ses succès sportifs.
Me Catherine Lacoursière plaidait en faveur d'une peine de 15 à 18 mois de prison. Elle a soumis au juge que Simon Kean fait preuve d'une grande violence qui ne se limite pas aux entraînements en gymnase et aux combats légaux de boxe.
Elle avait insisté sur le fait que Sonny Doucet avait subi une fracture du nez et des contusions à la suite de l'altercation. Les antécédents judiciaires de Kean en matière de voies de fait ont aussi été soulignés par Me Lacoursière.
Le solide gaillard a profité de son passage à la cour hier pour régler tous ses comptes avec la justice. En mai 2013, il avait pris la fuite à pied, mais avait été rattrapé par les policiers après avoir été arrêté à Trois-Rivières pour conduite d'un véhicule avec les facultés affaiblies par l'alcool. Kean se trouvait alors sous le coup d'une condition lui ordonnant de garder la paix et de ne pas consommer d'alcool.
Il a aussi plaidé coupable à des bris de probation pour des événements survenus à Québec en 2012 et en 2009.
En plus de la peine de 10 mois, le juge lui a imposé une amende de 1300 $ pour avoir conduit un véhicule avec les facultés affaiblies et une interdiction de conduire durant un an.
Kean perdra les 2000 $ qu'il avait mis en caution. Il devra également respecter une probation de deux ans et effectuer un suivi thérapeutique en lien avec sa consommation d'alcool.
Il devra se soumettre à un prélèvement d'ADN. Il lui est interdit de posséder des armes à perpétuité.