Pascal Grondin n'a pas convaincu le juge de lui redonner sa liberté.

«Si je meurs, je vais emporter le plus de monde avec moi»

Trois-Rivières — Pascal Grondin, cet individu accusé de menaces de mort, a échoué dans sa tentative de reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires.

Ce Trifluvien de 27 ans a subi son enquête sur remise en liberté vendredi au palais de justice de Trois-Rivières. Le 6 février, des policiers l’ont arrêté après avoir entendu un message laissé sur la boîte vocale du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC).

Selon le témoignage livré par un policier, le contenu du message est sans équivoque. Grondin aurait dit: «Mes pourris, venez m’aider. Si je meurs, je vais emporter le plus de monde avec moi».

Un autre message laissé le 19 janvier sur la boîte vocale du CAVAC, présumément par le même individu, indique qu’il veut faire exploser le palais de justice.

Le même témoin a rappelé que la police a érigé un périmètre de sécurité autour du domicile du prévenu lors de son arrestation, mardi. Ce dernier a été épinglé par les policiers dans son logement, alors qu’il dormait.

Grondin aurait raconté à un enquêteur qu’il n’avait pas l’intention d’enlever la vie d’autres personnes, mais qu’il avait besoin d’aide. Il est revenu sur ce dernier aspect lorsqu’il a témoigné devant le juge David Bouchard.

Grondin raconte avoir été victime d’agression sexuelle durant sa jeunesse. C’est la raison pour laquelle il a contacté le CAVAC.

Selon lui, il a développé au fil des ans un handicap social.

«Je suis incapable d’aller vers les autres», a dit l’accusé.

Il a ajouté qu’il aimerait obtenir le soutien d’une ressource comme un CLSC, mais qu’il en est incapable à cause de ce handicap social. De plus, il souligne qu’il ne prend pas la médication qui lui est prescrite.

Son avocat, Me Mario Mélançon, a tenté de convaincre le président du tribunal que son client pouvait être remis en liberté moyennant certaines conditions et un encadrement lui permettant d’obtenir l’aide dont il a besoin.

Me Pascale Tremblay, procureure de la poursuite, a rappelé au juge Bouchard que Grondin était sous probation au moment des faits reproché, ce dernier ayant été condamné en février 2017 pour voies de fait. Certains rapports indiquent qu’il tient un discours incohérent, qu’il offre peu de collaboration et qu’il refuse de participer à des programmes.

Selon le juge Bouchard, Pascal Grondin fait bien peu d’effort pour s’aider. De plus, ses nombreux antécédents en matière de bris de condition et de probation ont pesé dans la balance.

«Je suis convaincu que si je vous remets en liberté, vous allez commettre un acte criminel. Vous manquez de cohérence, vos garanties sont insuffisantes», a dit le président du tribunal, en refusant de lui accorder sa liberté.

Le prochain passage de Pascal Grondin devant la cour se déroulera le 16 février.