Jonathan Chaussé

Sept nouvelles accusations pour Jonathan Chaussé

Alors qu'une décision devait être rendue vendredi après-midi concernant sa remise en liberté au palais de justice de Trois-Rivières, de nouvelles accusations ont été portées contre Jonathan Chaussé. Le jeune homme de 18 ans soupçonné de menaces de mort qui ont mené au confinement de 750 élèves dans le secteur Cap-de-la-Madeleine le 3 mars dernier aurait fait deux nouvelles victimes et doit faire face à sept nouveaux chefs d'accusation, dont un d'agression sexuelle armée sur une jeune fille de 14 ans.
Du coup, le juge Jacques Trudel a reporté sa décision quant à la remise en liberté de l'individu, étant donné que la Couronne dans ce dossier n'avait pas eu le temps de présenter sa plaidoirie pour l'enquête sur remise en liberté. Chaussé, qui est détenu depuis les événements du 3 mars, devra encore patienter jusqu'à lundi matin avant de savoir s'il pourra ou non retrouver sa liberté le temps des procédures.
Les nouveaux chefs d'accusation concernent cette fois deux nouvelles présumées victimes qui ont été rencontrées par les enquêteurs à la suite de la comparution de Jonathan Chaussé et de la médiatisation de son passage en cour. 
La première présumée victime, une jeune femme de 14 ans, se trouvait également chez Jonathan Chaussé le soir où il aurait pointé son arme sur une autre jeune femme de 14 ans, avant de tirer un coup de feu dans le mur. Rappelons que c'est contre cette personne que des menaces de mort auraient été proférées, menant à l'opération policière du 3 mars dernier. La nouvelle présumée victime allègue de son côté que Jonathan Chaussé l'aurait agressée sexuellement ce même soir, le 30 décembre dernier, alors qu'il était en possession de son arme à feu dans sa chambre à coucher. Il doit également répondre d'accusations d'avoir braqué une arme à feu contre cette jeune fille, de lui avoir proféré des menaces de mort, de voies de fait et de harcèlement.
Une autre présumée victime, celle-ci âgée de 13 ans, a pour sa part porté plainte pour attouchement sexuel, des événements qui se seraient produits au cours du mois de février, alors qu'elle se trouvait elle aussi chez Jonathan Chaussé. Dans ce dossier, il doit répondre d'une accusation d'attouchement sexuel sur une enfant âgée de moins de seize ans.
Cela porte donc à quatre le nombre de présumées victimes ayant déposé une plainte contre l'individu. En effet, rappelons qu'une autre jeune femme, cette fois âgée de 15 ans, a aussi porté plainte pour menaces de mort et menaces de causer des dommages à un bâtiment, en lien avec les événements survenus le 3 mars dernier, des accusations qui avaient été déposées lundi dernier.
Vendredi, la défense, représentée par Me Yvan Braun, a fait entendre le témoignage d'un chef de service en déficience intellectuelle, trouble de l'autisme et déficience physique au CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, qui est venu exposer les services qui pourraient être offerts au suspect s'il devait être remis en liberté. Une ordonnance de non-publication nous empêche toutefois de divulguer le contenu de son témoignage.
Me Braun a pu présenter sa plaidoirie, relevant notamment de nombreuses contradictions entendues lors du témoignage de l'enquêteur qui a pu recueillir les plaintes des présumées victimes, et qui le laisse songeur sur la véracité des événements qui ont été rapportés. Il ajoute par ailleurs que les garanties qui ont été présentées au tribunal, soit l'engagement de la mère de l'accusé de prendre soin de son fils et de s'assurer de sa prise de médicaments, en plus des services disponibles pour Jonathan Chaussé en lien avec le CIUSSS, sont selon lui solides pour permettre au tribunal de croire en la sécurité du public s'il devait remettre son client en liberté.
Me Braun a d'ailleurs confié que son client avait été «très surpris» du dépôt de nouvelles accusations contre lui par deux nouvelles présumées victimes. Dans le box des accusés, on le voyait d'ailleurs souvent contrarié, voire choqué, d'entendre les nouveaux faits relatés par l'enquêteur au dossier, venu présenter les nouveaux témoignages reçus des nouvelles présumées victimes.
La Couronne pourra présenter sa plaidoirie lundi matin au palais de justice de Trois-Rivières. Après quoi, le juge Jacques Trudel sera en mesure de rendre sa décision à savoir s'il remet ou non Jonathan Chaussé en liberté.