Saïd Namouh avait été arrêté en septembre 2007 à Maskinongé.

Saïd Namouh veut une libération conditionnelle

Trois-Rivières — Condamné à la prison à vie pour ses activités terroristes, Saïd Namouh se présentera ce mercredi devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada pour tenter d’obtenir une libération.

Cet ancien résident de Maskinongé est en effet éligible à une libération conditionnelle maintenant qu’il a purgé dix ans de prison. Les audiences devraient se dérouler au pénitencier de Donnacona où il est incarcéré.

Au terme d’un procès tenu en 2009, Namouh avait été déclaré coupable de complot en vue de commettre un attentat, de participation aux activités d’un groupe terroriste et de facilitation de ces activités, et d’extorsion par association.

Les faits étaient survenus entre les mois de novembre 2006 et septembre 2007 à Maskinongé et à Trois-Rivières.

En plus de faire la promotion du djihad par Internet pour le Global Islamic Media Front, ses clavardages démontraient qu’il était sur le point de quitter le Canada en direction du Maghreb pour commettre un attentat en Allemagne ou en Autriche.

Il voulait vraisemblablement se faire exploser lui-même dans une opération kamikaze. «Mon cher frère, je te charge de mon fils et donnez-moi une voiture pleine», avait-il écrit à un complice en Autriche, en août 2007.

Il est le premier résident québécois à avoir été déclaré coupable en vertu de la loi antiterroriste, qui a été adoptée au Canada dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Lors du prononcé de la sentence en 2010, le juge Claude Leblond l’avait condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 10 ans.

Il avait décrit Saïd Namouh comme étant un individu dangereux qui n’éprouvait aucun remords contrairement à ce qui avait été observé dans d’autres cas de terrorisme au Canada, où certains accusés avaient reconnu leurs erreurs.

Compte tenu de sa détention préventive depuis son arrestation en septembre 2007, il est donc admissible à une libération conditionnelle, et ce, depuis septembre 2017.

Saïd Namouh avait porté en appel le verdict de culpabilité et la sentence. Peu de temps avant que sa cause ne soit entendue devant la Cour d’appel, Namouh avait fait volte-face et laissé tomber les procédures en invoquant des raisons personnelles.

Rappelons qu’il est arrivé au Québec en 2003 après avoir épousé une Québécoise un an plus tôt au Maroc mais leur union n’a pas duré.

La femme avait cependant accepté de l’héberger chez elle peu de temps avant son arrestation. Il a obtenu son statut de résident permanent en 2006.

Les services de renseignement avaient repéré Namouh, surnommé «le terroriste de Maskinongé», sur des sites islamistes.