Les petits Jeremy et Nohlan Cantin sont accompagnés de leur grand-père, Jean Cantin et de leur mère, Dominique Landry. Ils espèrent que des travaux importants seront faits au kilomètre 107 de la route 155.

Route 155: une pétition lancée... il y a un an

La portion de la route 155 qui a été le théâtre d'un accident mortel la semaine dernière dérange le maire de La Tuque.
Une mère et sa fille de 10 ans ont perdu la vie dans une collision sur la route 155 à La Tuque pendant la période des Fêtes.
Il est clair que s'il faut l'intervention du premier ministre pour apporter les correctifs nécessaires au kilomètre 107, il n'hésitera pas à lui demander d'agir dans le dossier.
Il n'est pas le seul à être irrité par la configuration de la route. En février 2016, une citoyenne de La Tuque, qui réside à quelques mètres de cette courbe, a déposé une pétition pour que les élus agissent «avant qu'il y ait d'autres décès».
Dominique Landry est maman de deux jeunes enfants. Elle emprunte plusieurs fois par jour la route 155 à partir du kilomètre 107. Si elle a lancé la pétition avec son beau-père, Jean Cantin, qui a habité à cet endroit pendant plus de 10 ans, c'est parce qu'il y a urgence d'agir et il n'y a pas 10 000 solutions selon eux.
«La seule solution qui peut régler le problème à cet endroit-là c'est de réparer la fameuse côte pour avoir une meilleure visibilité et arranger le pont en bas pour que ça arrête de cogner. C'est simple. C'est la seule façon», martèle Jean Cantin.
Cette «pénible situation» est dénoncée depuis longtemps et malheureusement, si rien ne change, il y aura probablement encore des morts, selon Jean Cantin.
«On est chanceux qu'il n'y ait pas eu plus de décès dans cette courbe-là [...] On sait que ce n'est pas pour demain matin ces travaux-là et il risque d'y avoir encore des morts», mentionne-t-il.
Des accrochages à cet endroit, il y en a eu des dizaines, assure M. Cantin. C'est d'ailleurs à sa porte qu'on allait cogner pour avoir de l'aide.
«Je suis resté là pendant dix ans et des accidents j'en ai vu autant comme autant. [...] Lors des tempêtes de neige, les camions cognent sur le pont et se vident de leur neige. Ça fait des accumulations au sol, et ce, même si le pont est bien gratté. J'ai vu des dizaines de tête-à-queue», raconte-t-il.
Dominique Landry a eu toute une peur en février dernier. Alors qu'elle tournait pour entrer à son domicile, elle s'est fait dépasser par un chauffard dans cette courbe. 
«J'ai été très chanceuse que ce véhicule n'emboutisse pas ma voiture, car mes jeunes enfants étaient à bord. J'ai eu la frousse de ma vie.»
De plus, d'ici deux ans, ses enfants devront prendre l'autobus scolaire à cet endroit qu'on juge très dangereux.
«Ça nous inquiète. Je ne suis pas certaine que je vais les laisser prendre l'autobus si rien ne change», lance la jeune maman.
En attendant, on aimerait bien que la vitesse soit réduite à 70 km/h au kilomètre 107 et que des panneaux supplémentaires soient installés.
Malgré tout, ils ne sont pas prêts à dire que la route 155, mis à part le kilomètre 107, est une route dangereuse. 
«La route de La Tuque n'est pas dangereuse, ce sont les gens qui sont téméraires. Les gens ne respectent pas la limite de vitesse», soutient M. Cantin.
Résolution
Les élus de La Tuque devraient adopter une résolution lors de la prochaine séance en début de semaine prochaine pour, encore une fois, demander qu'il y ait des correctifs sur la route.
«Cette résolution va être beaucoup plus sévère», a fait savoir le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.
«Ça fait deux ou trois accidents mortels qui surviennent à cet endroit-là. On va commencer par aller voir les gens en bas de l'échelle. On va aller voir les gens du ministère de la région, on va voir leur réaction. S'il n'y a pas d'action, je vais cogner à la porte du ministre Lessard et du premier ministre après si on doit se rendre là», ajoute-t-il.
Le dossier ne date pas d'hier, la Ville avait soulevé le problème en 2011 au ministère des Transports.
«On s'est assis avec le ministère quand ils ont dépensé des dizaines de millions sur la route 155. On a déterminé des endroits qui étaient plus ou moins sécuritaires. L'endroit où il y a eu l'accident au kilomètre 107 en était un», affirme le maire Beaudoin.
Plus récemment encore en avril 2016, le conseil municipal de La Tuque avait adopté à l'unanimité une résolution demandant au ministère la réfection de la route 155 sud au kilomètre 107. On y soulignait que la courbe était dangereuse.
«On a envoyé une résolution au MTQ spécifiquement pour dire que le kilomètre 107 est un endroit qui n'est pas sécuritaire», insiste M. Beaudoin.
La députée de Laviolette, Julie Boulet, a elle aussi le dossier à l'oeil. Toutefois, on attend que le ministère termine son enquête sur le terrain avant de se prononcer.
«J'ai parlé avec le bureau du ministre et à la direction territoriale dans ce dossier. Le bureau du ministre dit qu'il va y avoir une enquête dans un premier temps. S'il s'avère qu'il y a une problématique qui doit être corrigée, on va être très sensible à ça», a affirmé Julie Boulet.
«S'il y a des problèmes de configuration, des particularités de la route qui peuvent être problématiques, le ministère va apporter les corrections s'il y a lieu», a-t-elle ajouté.
Rappelons que le conseil municipal avait demandé l'intervention du premier ministre, Philippe Couillard, peu avant la fin de l'année dans le dossier du déneigement de la route 155 Nord. Le ministère des Transports du Québec était revenu sur sa décision.