Rock Gélinas relève désormais de la Commission d’examen des troubles mentaux. Les accusations portées contre lui sont suspendues.

Rock Gélinas déclaré inapte à subir un procès

TROIS-RIVIÈRES — Rock Gélinas, cet octogénaire de Louiseville arrêté en 2016 pour des présumés abus sexuels perpétrés sur des enfants, a été déclaré inapte à subir son procès.

À la lumière d’un rapport psychiatrique, le juge David Bouchard a en effet conclu que les fonctions cognitives de l’accusé ne lui permettaient pas de comprendre les conséquences éventuelles des poursuites et de communiquer avec son avocat. Les évaluations neuropsychologiques effectuées entre le 11 et le 16 janvier dernier ont révélé que l’homme de 84 ans souffre d’un trouble neurocognitif vasculaire léger. Selon la psychiatre, ce type de maladie tend à se détériorer par paliers dans le temps, amenant une perte progressive des fonctions cognitives notamment au niveau de ses capacités d’inhibition, de flexibilité mentale, d’abstraction verbale et de jugement. On parle donc d’une maladie dégénérative et d’une démence prévisible.

Le prévenu fait face à plusieurs accusations en matière d’attentat à la pudeur et de grossière indécence pour des événements survenus entre 1957 et 1985. Au cours de cette période, il se serait livré à des abus sexuels sur quatre fillettes toutes âgées de moins de 14 ans. Il avait comparu le 8 avril 2016 à la suite de l’émission d’un mandat d’arrestation. Il avait ensuite été libéré sous promesse. Au printemps 2017, une enquête préliminaire avait été tenue. Il avait alors été cité à subir un procès sur tous les chefs d’accusation portés contre lui.

Puis, le 23 octobre 2017, une ordonnance d’évaluation de son aptitude à subir son procès avait été émise. Le rapport du psychiatre avait été déposé au Tribunal le 5 février 2018 et l’audience sur l’aptitude s’était déroulée le 24 août. C’est à cette occasion que l’avocat du prévenu, Me Emmanuel Ayotte, avait réclamé du juge un verdict d’inaptitude en insistant sur le fait que le rapport de la psychiatre était significatif d’autant plus que le diagnostic reposait également sur une évaluation neuropsychologique.

Sans mettre en doute le rapport psychiatrique, la procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, estimait que les limitations cognitives de l’accusé ne l’empêchaient pas de comprendre le processus judiciaire et de communiquer avec son avocat. Elle avait même proposé des mesures adaptatives à la condition de l’accusé en vue du procès.

À ce sujet, le juge a admis qu’il était certes possible de ralentir le débit des témoignages et des questions mais que cette façon de faire viendrait seulement diminuer l’effet de l’une des difficultés cognitives observées en lien avec la vitesse de traitement de l’information. Pour les autres, elles demeureront présentes d’autant plus qu’il existe plusieurs stimulis visuels et auditifs dans une salle d’audience. «Il sera impossible pour le tribunal de s’assurer d’un niveau de concentration et d’attention adéquat auprès de l’accusé et de manière continue», a écrit le juge Bouchard.

Par le fait même, les accusations portées contre Rock Gélinas sont suspendues. Il relèvera désormais de la Commission d’examen des troubles mentaux, et ce, pour les prochains mois. Le prévenu devra néanmoins respecter une série de conditions dont celles lui interdisant d’entrer en contact avec les présumées victimes et de s’approcher à moins de 100 mètres de leur domicile. Il ne pourra pas non plus se trouver en présence de mineurs et se rendre dans des endroits publics où on retrouve des enfants comme des parcs et terrains d’école.