Le palais de justice de Trois-Rivières.

Richard Auger délinquant à contrôler

Richard Auger, un individu de 56 ans originaire de Shawinigan, vient d'être déclaré délinquant à contrôler, et ce, pour les trois prochaines années.
En 2015, il avait été arrêté par les forces de l'ordre en lien avec des infractions de pornographie juvénile. Lors d'une perquisition à son domicile, 288 fichiers illicites avaient été retrouvés dans son ordinateur. Il avait par la suite plaidé coupable à des chefs de possession et production de pornographie juvénile. 
Or, la Couronne avait déposé une requête afin qu'il soit déclaré délinquant dangereux ou à contrôler non seulement en raison de ses délits de pornographie juvénile mais aussi de ses antécédents judiciaires. À trois reprises depuis 1990, il avait été condamné pour des agressions sexuelles commises sur deux mineurs et un jeune homme de 18 ans. 
Dès lors, plusieurs rapports avaient été produits sur Richard Auger: un qui avait été réalisé par un agent de probation, un second par un sexologue et un troisième par le psychiatre Louis Morissette dans le cadre de l'évaluation de sa dangerosité. 
Dans la majorité de ceux-ci, le risque de récidive était jugé élevé, sauf dans le cas du Dr Morissette qui prônait une thérapie à Percé suivie d'une probation pour le rendre assumable dans la société. 
Mardi après-midi, le juge Guy Lambert a justement rendu sa décision en tenant compte de ces rapports. Il est clair selon lui qu'on ne peut pas faire confiance à Richard Auger.
En ce sens, il a rappelé qu'à deux reprises dans le passé depuis 2010, il avait suivi des thérapies en lien avec sa problématique sexuelle dont une à la Maison Radisson et la seconde à l'établissement de détention de Percé.
Or, il avait été expulsé de celles-ci en raison de son manque de responsabilisation, de sa tendance à se victimiser et de ses problèmes d'alcoolisme. Les intervenants y avaient même vu une forme d'autosabotage. Qui plus est, il avait omis de respecter les conditions du tribunal.
Certes, le tribunal a noté que Richard Auger avait eu un parcours de vie difficile, contraint à vivre dans une trentaine de familles d'accueil. 
Or, s'il a fini par admettre tout dernièrement son orientation sexuelle, il continue à fantasmer sur les adolescents et les jeunes adultes. 
Aux yeux du tribunal, les crimes sexuels qu'il a commis dans le passé et les infractions plus récentes liées à la pornographie juvénile laissent présager qu'il pourra causer d'autres sévices, sans compter un risque de récidive élevé. C'est pourquoi le juge Lambert a précisé qu'il n'avait aucune hésitation à le déclarer délinquant à contrôler, et ce, pour les trois prochaines années. 
Cela signifie qu'il sera sous haute surveillance des autorités fédérales, donc contraint à se soumettre à plusieurs conditions. Notons qu'en vertu de la loi, la période maximale de la surveillance est de dix ans pour tout individu déclaré délinquant à contrôler. 
Quant à la peine, il a écopé de deux ans pour la possession et la production de pornographie juvénile. En tenant compte de la détention préventive évaluée à 23 mois, il lui reste donc un mois à purger à partir de maintenant. Il sera par ailleurs inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité. 
Dans cette affaire, le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier avait réclamé une peine de deux ans de prison en plus de la désignation de délinquant. Quant à la défense, représentée par Me Alex Lemay, elle avait plutôt proposé une peine de 18 mois, assortie d'une probation de trois ans.