William Labranche

Révélations étonnantes au procès de Labranche

À la deuxième journée de son témoignage, William Labranche a fait des révélations pour le moins étonnantes sur sa deuxième présumée victime.
Selon Labranche, elle lui aurait soudainement avoué, après avoir eu une relation sexuelle non protégée avec lui le 18 avril 2015, qu'elle était séropositive.
«Il y avait du sang et elle m'a dit qu'il était trop tard car elle avait le VIH. J'ai compris qu'elle venait de m'infecter. J'ai pris le blâme car je n'avais pas mis de condom mais elle trouvait ça drôle. Je l'ai invitée fermement à quitter ma demeure, sans la brutaliser. Je voulais qu'elle parte car moi, je me voyais mourir. Elle n'a alors cessé de répéter que je ne pouvais pas la quitter car j'allais devoir ''fourrer'' des ''putes'' toute ma vie», a-t-il raconté.
Or, il n'a jamais parlé s'il avait fait des démarches par la suite pour vérifier si elle souffrait bel et bien du VIH ou s'il avait été contaminé. Il aurait plutôt continué à la voir et même accepté qu'elle lui fasse d'autres fellations. Il soutient par contre avoir refusé toute pénétration. 
Il l'a ensuite accusée d'être devenue particulièrement instable le 20 avril parce qu'elle voulait qu'ils forment un couple. Comme il refusait, elle aurait fait une crise, menacé de révéler à sa mère qu'il l'avait agressée sexuellement, se serait sauvée pour ensuite revenir lui faire une fellation sans raison particulière. 
Peu de temps après, il a avoué avoir perdu les pédales au Tim Hortons. Sur les images des caméras de surveillance, on le voit d'ailleurs en train de la saisir de force pour l'entraîner à l'extérieur pendant que la jeune femme se débat de toutes ses forces. «C'est la pire chose que j'ai faite dans ma vie. J'ai mal agi et je le regrette. Toute cette histoire découle de ça d'ailleurs et je le regrette amèrement», a-t-il ajouté. 
Rappelons que cette jeune femme avait pour sa part affirmé avoir subi plusieurs sévices sexuels les 18, 19 et 20 avril. Labranche l'aurait ainsi étranglée, violée, sodomisée et forcée à faire des fellations alors qu'elle était sous l'emprise de la drogue fournie par le prévenu. Les gestes en question lui avaient d'ailleurs causé plusieurs blessures aux parties intimes, au visage et sur le corps. La trousse médicolégale avait par la suite révélé l'existence de ces blessures, d'une infection à levures mais pas du VIH.
De son côté, Labranche soutient qu'elle était consentante à ces relations hors normes et qu'elle y avait pris beaucoup de plaisir, répétant à quelques reprises qu'elle «criait de jouissance». En aucun temps, il ne l'aurait donc forcée ou menacée. 
En après-midi, la procureure de la Couronne Me Marie-Eve Paquet a ensuite commencé son contre-interrogatoire, s'attaquant à sa crédibilité pour faire ressortir des contradictions dans son témoignage. À quelques reprises, il n'a pas été capable non plus de répondre aux questions directement, disant ne pas s'en rappeler ou ne pas savoir. 
Elle l'a aussi questionné sur la notion de contrôle et sur sa consommation de stupéfiants. Enfin, elle a voulu savoir si lui aussi avait accepté de subir les gestes de nature sadomasochiste qui auraient été infligés aux deux présumées victimes.
Or, dans son cas, il a précisé avoir refusé l'utilisation à des fins personnelles de jouets sexuels et de toute forme de pénétration anale, précisant qu'il n'était pas homosexuel mais qu'il accepterait par contre un trip à trois... Il aurait également été fouetté à une reprise et attaché aux mains avec des colliers de serrage en plastique sans pour autant se rappeler des détails. 
Le contre-interrogatoire va se poursuivre jeudi. Par la suite, la mère de William Labranche devrait venir témoigner en lien avec des messages échangés entre son fils et la seconde présumée victime. 
L'avocate de l'accusé, Me Pénélope Provencher, souhaite depuis le début du procès déposer à titre de preuves ces messages mais la Couronne s'y oppose fermement. Elle a rappelé que la présumée victime ne les a pas reconnus et qu'on ignore s'ils sont intégraux ou même s'ils ont été falsifiés.
Le juge Jacques Trudel a donc demandé en tout premier lieu que la mère de William Labranche vienne témoigner puisque c'est elle qui aurait fait des captures d'écran des messages à la demande de son fils. 
Enfin interrogé par la Couronne à savoir si d'autres personnes allaient venir témoigner pour sa défense, William Labranche a rétorqué qu'en raison de la façon dont cette cause «ignoble et dégueulasse» est présentée dans les médias, personne ne voulait y être associé. «Certains auraient pu corroborer ma version mais ils n'ont pas voulu venir témoigner à cause de la pression médiatique», a-t-il déclaré.