Jonathan Bettez a assisté, lundi, aux audiences visant à préparer le procès qu’il subira vraisemblablement cet automne.

Retour en cour de Jonathan Bettez

TROIS-RIVIÈRES — Jonathan Bettez, cet individu accusé de crimes de pornographie juvénile, a échoué dans sa tentative d’obtenir la permission de contre-interroger la policière qui a produit les affidavits ayant conduit à son arrestation.

Dans le cadre de la gestion des instances en vue du procès, son avocat, Me Marc-Antoine Carette, a déposé, lundi, une requête visant à obtenir le droit de contre-interroger cette enquêtrice. Il soutenait que certains passages de ses affidavits, qui ont permis l’émission de plusieurs mandats, étaient tendancieux et comportaient des passages trompeurs.

Le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, s’est opposé à cette demande en précisant que la policière avait agi de bonne foi et que les affidavits contenaient suffisamment d’éléments fiables pour qu’un juge décide d’émettre les mandats. Il a dit vouloir éviter une expédition de pêche et ainsi limiter les débats et le temps de cour.

Or, le juge Jacques Lacoursière a conclu que le contre-interrogatoire serait en effet inutile puisqu’il constitue un «exercice futile qui n’aidera pas à résoudre les questions qui lui sont soumises.»

Au cours de cette journée d’audiences à laquelle Bettez a assisté, son avocat a également déposé une autre requête pour interdire la publication et la diffusion de certains allégués contenus dans les affidavits. Le juge s’est rendu à ses arguments mais son ordonnance sera temporaire et en vigueur jusqu’à la fin du procès. Il laisse le soin au juge qui présidera le procès de la réviser. Il n’est pas exclu que celle-ci soit contestée par les médias. Pour l’instant, il est donc impossible de révéler les allégués en question.

La défense a par la suite entrepris de plaider des requêtes visant à obtenir l’exclusion d’éléments de preuve saisis lors de fouilles policières effectuées chez Jonathan Bettez, ses parents et à l’entreprise familiale. Me Carette reproche aux policiers d’avoir utilisé des méthodes d’enquête abusives et d’avoir procédé à des fouilles illégales sans avoir des motifs raisonnables. Il a entre autres fait référence au fait qu’une policière avait suggéré l’idée de vérifier si le suspect n’était pas un consommateur de pornographie juvénile. C’est ainsi qu’une demande aurait été faite auprès de Facebook pour obtenir des adresses IP, ce qui aurait ensuite entraîné des fouilles abusives selon Me Carette.

Les audiences vont se poursuivre mardi.

Jonathan Bettez a été arrêté le 29 août 2016. Il fait face à plusieurs chefs d’accusation liés à la pornographie juvénile. Contrairement à certaines rumeurs véhiculées sur les réseaux sociaux à l’effet qu’il serait déménagé à Shawinigan, Jonathan Bettez a toujours l’obligation de demeurer chez ses parents à Trois-Rivières. Toujours en vertu de ses conditions de remise en liberté, il ne peut pas changer d’adresse sans en informer le tribunal.