Les policiers étaient de retour samedi à la résidence de René Kègle, à Saint-Maurice.

René Kègle: un voisin connu pour ses frasques

SAINT-MAURICE — René Kègle, accusé du meurtre au premier degré d’Ophélie Martin-Cyr, était un homme discret, que ses voisins croisaient rarement, mais apparemment connu pour sa mauvaise réputation dans le quartier paisible de Saint-Maurice où il habitait depuis de nombreuses années.

«Je n’ai jamais rien vu d’anormal, indique une voisine de Kègle. Quand je le croisais, c’était: salut, salut. On a une haie entre nos maisons, alors je n’ai jamais vu à l’intérieur de chez lui.»

«On savait que ce n’était pas un enfant de chœur, mais on n’a jamais eu de problèmes avec lui, souligne Sylvie Beaumier, dont le terrain est limitrophe à celui de Kègle. Il était très discret, je l’ai peut-être vu passer deux ou trois fois cet été.»

Selon les dires de Mme Beaumier et de son conjoint, Mehmet Turan, René Kègle avait trois enfants, deux garçons et une fille, qu’ils ont vus à plusieurs reprises à sa résidence de la rue Benoit. De plus, le meurtrier présumé habitait depuis au moins une dizaine d’années dans le quartier.

«Il m’avait offert d’acheter mon terrain, mais j’avais refusé parce que je voulais me construire dessus», poursuit Mme Beaumier.

Kègle aurait habité trois maisons différentes dans le secteur de la rue Benoit, dont une qu’il aurait construite avec l’aide de Steve Lamy, entrepreneur en construction de la région, son ex-beau-frère. Ce dernier est porté disparu depuis lundi et ses proches craignent qu’il soit l’une des deux personnes retrouvées mortes mercredi dans l’incendie d’une voiture,

Une «maison de débauche»

D’autres résidents de la rue Benoit garderont un souvenir beaucoup plus négatif de leur voisin. Certains ont qualifié sa résidence de «maison de débauche», dans laquelle il y avait un constant va-et-vient, ce qui troublait la quiétude du quartier très prisé par les familles, avec son parc et ses rues où la vitesse a été abaissée à 30 km/h pour la sécurité des enfants.

«On est content que ça parte, tranche un autre voisin de Kègle. Il y avait beaucoup de va-et-vient chez lui. On avait peur pour nos enfants, à cause de la circulation.»

Kègle était connu des policiers, notamment pour des antécédents de voies de fait. Sylvie Beaumier se souvient d’ailleurs avoir reçu la visite de policiers, il y a deux ans, car ceux-ci cherchaient sa copine de l’époque.

«Ils cherchaient sa blonde, car sa famille était inquiète pour elle», se rappelle-t-elle.

Les lieux vidés dimanche

Toujours d’après ses voisins, la maison de Kègle a été entièrement vidée par plusieurs personnes, possiblement des proches de l’accusé, dimanche matin.

«J’ai vu plusieurs remorques ce matin (dimanche), ils ont complètement vidé la maison», affirme Mme Beaumier.

René Kègle

La résidence, qui est d’ailleurs à vendre depuis déjà un moment, avait été perquisitionnée la veille par la Sûreté du Québec.

René Kègle, 38 ans, a été arrêté vendredi et est accusé du meurtre au premier degré d’Ophélie Martin-Cyr et d’avoir tenté de causer la mort d’une autre personne. Son présumé complice, Francis Martel, 31 ans, est également accusé de meurtre au premier degré ainsi que de complicité après le meurtre. Les deux hommes ont comparu en fin de journée, vendredi, au palais de justice de Trois-Rivières. Ils doivent retourner en cour le 23 novembre.