Il y a un peu moins d’un an, Marilyne Potvin, une supposée femme d’affaires qui importait des crèmes pour les peaux foncées, a été condamnée à quatre ans et demi de pénitencier pour une fraude de 1,5 million $ aux dépens d’une trentaine de personnes.

Recours demandé contre la banque d’une fraudeuse

Une victime de la fraudeuse Marilyne Potvin veut intenter un recours collectif contre l’institution bancaire responsable des comptes de la malfaitrice. La négligence de la Banque de Montréal aurait, selon l’investisseuse flouée, permis à la fraudeuse de dépenser sans compter.

Il y a un peu moins d’un an, Marilyne Potvin, une supposée femme d’affaires qui importait des crèmes pour les peaux foncées, a été condamnée à quatre ans et demi de pénitencier pour une fraude de 1,5 million $ aux dépens d’une trentaine de personnes.

Lise Bouchard est l’une d’elles. En 2009, la propriétaire d’un salon de coiffure de Québec accepte de louer à Marilyne Potvin un espace pour offrir la pose d’ongles. 

Au cours des deux années suivantes, Marilyne Potvin, 31 ans, a convaincu Mme Bouchard d’investir ou de prêter la somme de 117 141 $, selon ce qu’on peut lire dans la requête pour permission d’intenter une action collective, déposée hier au palais de justice de Québec.

Cette somme représentait l’essentiel des économies de Mme Bouchard, allègue-t-elle. La fraudeuse ne lui a remboursé que 3000 $.

En novembre 2012, Lise Bouchard a obtenu un jugement de la cour ordonnant à Marilyne Potvin de lui remettre le reste de la somme.

Mme Bouchard a tenté en vain de faire exécuter le jugement en saisissant des biens de la fraudeuse. 

Marilyne Potvin a fait faillite en 2013. Les réclamations auprès du syndic totalisent 1,6 million $. 

Lise Bouchard se tourne aujourd’hui vers la Banque de Montréal, l’institution financière où Marilyne Potvin avait les comptes bancaires de sa demi-douzaine de sociétés qui se sont révélées être des coquilles vides.

«L’ouverture et l’utilisation de comptes bancaires étaient essentiels à la mise en place et au maintien du stratagème frauduleux de Marilyne Potvin», allègue Mme Bouchard dans sa requête.

«Transactions suspectes»

L’examen des relevés bancaires démontrerait «plusieurs transactions suspectes et irrégulières qui ne cadrent pas avec l’exploitation normale et régulière d’une entreprise», allègue la victime de fraude.

Lise Bouchard dit avoir vu des dépenses personnelles apparaître dans les comptes d’affaires. Un nombre impressionnant de chèques sans provision suffisante ont été effectués, selon la dame. 

Lise Bouchard allègue que plusieurs transactions irrégulières ont été effectuées grâce à l’intervention d’un employé de la Banque de Montréal.

«L’employé de la défenderesse responsable de ces comptes entretenait une relation démontrant une proximité inappropriée avec Marilyne Potvin, laquelle ne cadre pas avec une relation normale et régulière entre un directeur de compte et le client d’une institution financière», allègue Lise Bouchard.

Celle qui veut intenter un recours collectif soutient que la Banque de Montréal ne s’est pas acquittée de son devoir de surveillance. La Banque de Montréal, dit Mme Bouchard, a fait preuve d’aveuglement volontaire, de négligence grossière et d’incurie, permettant ainsi le maintien du système frauduleux et la dilapidation des fonds par Marilyne Potvin. 

Sans ces fautes, dit Lise Bouchard, les pertes des victimes auraient pu être remboursées ou minimisées.

Lise Bouchard demande à la Cour supérieure la permission d’intenter le recours au nom de la trentaine de victimes de Marilyne Potvin qui n’ont pas reçu le remboursement total de la somme fraudée.

L’action collective est à la voie à privilégier, estime Lise Bouchard et ses avocats du cabinet Quessy, Henry, St-Hilaire. «Certains membres du groupe qui ont pu subir la perte de toutes leurs économies d’une vie reliée aux agissements, à la conduite et aux fautes de la défenderesse pourraient être empêchés d’instituer une procédure distincte contre la défenderesse en raison des coûts impliqués pour faire valoir leurs droits individuellement.»