Sonia Tremblay, directrice générale et actionnaire de l'Auberge Gouverneur, s'ajoute à la liste des démissionnaires du conseil d'administration de l'Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan.

Recours collectif contre les hydravions: le juge Parent se récuse

Nouveau rebondissement dans le dossier du recours collectif de la Coalition contre le bruit contre les vols d'hydravions touristiques au lac à la Tortue. Le juge assigné à cette cause, Étienne Parent, vient d'annoncer qu'il se récusait en raison d'un conflit qui risque de survenir entre sa conjointe et la Ville de Shawinigan.
Sonia Tremblay, actionnaire de l'Auberge Gouverneur, se retrouve au coeur de cette décision. La femme d'affaires négocie actuellement les termes d'exécution d'un contrat avec la Société de développement de Shawinigan, propriétaire du centre de congrès, et la Ville. Au cours des derniers jours, le ton a monté entre les parties, qui ne se sont toujours pas entendues sur le fond du litige.
Or, Mme Tremblay est la conjointe d'Étienne Parent. Comme la Ville est aussi interpellée dans le recours collectif de la Coalition contre le bruit, le juge a préféré prendre les devants pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts.
«Il appert qu'au cours des derniers jours, des événements survenus entre l'entreprise Auberge Gouverneur Shawinigan, dirigée par la conjointe du soussigné, qui en est également actionnaire, et la Ville de Shawinigan pourraient conduire un litige opposant ces deux parties», écrit-il dans son ordonnance rendue le 28 janvier.
«Dans ces circonstances, considérant que la Ville de Shawinigan est une des parties défenderesses dans le présent recours collectif, le soussigné doit se récuser à titre de juge responsable du dossier (...)»
François St-Onge, directeur des communications pour l'administration municipale, assure que cette décision ne survient pas à la demande de la Ville. «Pour nous, c'est la surprise totale», commente-t-il.
Le juge en chef associé de la Cour supérieure du Québec, l'honorable Robert Pidgeon, devrait désigner un successeur au cours des prochains jours.
Me Marie-Anaïs Sauvé, avocate de la Coalition contre le bruit, ne croit pas que cet épisode inattendu nuira à l'évolution du dossier.
«Je ne vois pas de conséquences importantes à court terme, sinon que nous aurons un nouveau juge bientôt qui nous contactera pour les échéanciers», commente-t-elle. «Ça ne devrait pas ralentir le processus.»
Une opinion partagée par Me Gaétan Chorel, représentant de Bel-Air Laurentien aviation, seule entreprise toujours en exploitation impliquée dans ce recours collectif. «Ça peut retarder de quelques semaines, mais au point où nous sommes rendus, on n'est pas à un mois près!»
De son côté, Mme Tremblay ne veut pas donner plus de détails sur le fond du litige qui l'oppose à la SDS et à la Ville. «Le ton a monté, mais j'ai toujours espoir que ça se règle de gré à gré», émet-elle.
Nouvelle requête
Autorisé par le juge Parent en août 2012, l'exercice de ce recours collectif vise à faire cesser les vols d'hydravions touristiques au lac à la Tortue et à dédommager les membres pour les inconvénients subis par le bruit. Depuis ce temps, Aviation Mauricie a cessé son exploitation, de sorte qu'il ne reste plus que Bel-Air Laurentien aviation comme source potentielle de préjudice.
Malgré tout, la Coalition contre le bruit continue ses démarches car elle veut enlever le goût à toute autre entreprise d'importuner les riverains avec cette activité.
Comme tous les dossiers de recours collectif, la complexité de l'affaire exige beaucoup de temps dans sa préparation. En décembre, Me Chorel a déposé une nouvelle requête pour la redéfinition du groupe visé.
Il s'appuie sur le fait que lors de la période d'exclusion du recours collectif, 1022 résidents ont confirmé leur retrait de cette procédure. Au départ, la partie demanderesse estimait à 2072 le nombre de personnes lésées.
De plus, Me Chorel opine qu'Aviation Mauricie «était la principale source des bruits et inconvénients dont se plaignent les membres de la demanderesse». La fin de ses activités change donc la donne, dans l'esprit de la défenderesse.
En conséquence, l'avocat considère que les procédures devraient emprunter une voie traditionnelle d'action et non l'exercice d'un recours collectif. «Les gens qui voudraient toujours poursuivre pourront le faire directement, sans impliquer tout le monde», explique-t-il.
Cette requête devait être présentée le 28 janvier, mais elle a été remise étant donné le retrait du juge Parent.