Reconnu coupable d’abus sur sa fille et sa belle-fille

TROIS-RIVIÈRES — Un verdict de culpabilité vient d’être prononcé contre cet homme de 42 ans de Trois-Rivières accusé d’avoir agressé sexuellement sa fille et sa belle-fille.

Cet individu, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes, faisait face à des chefs de contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et agressions sexuelles sur sa belle-fille qui souffre d’une déficience intellectuelle. Il était aussi accusé d’avoir séquestré et agressé sexuellement sa fille.

Dans une décision rendue lundi après-midi, le juge Jacques Trudel l’a déclaré coupable d’attouchements sexuels et d’incitation à des contacts sexuels sur sa belle-fille entre 2014 et 2015 et d’agression sexuelle sur sa fille à une reprise dans la période comprise 2012 et 2014. Le prévenu a été acquitté sur les autres chefs.

En ce qui concerne sa belle-fille, cette dernière avait raconté que c’est le suspect qui lui avait «appris à faire le sexe» et notamment à masturber son pénis. Il s’était également masturbé devant elle pendant qu’ils regardaient de la pornographie sur Internet. Il lui a aussi fait un cunnilingus.

D’entrée de jeu, le juge a rappelé avoir tenu compte à la fois du jeune âge de la plaignante et de sa déficience intellectuelle dans l’appréciation de sa crédibilité. Après analyse, il conclut à la véracité de ses dires. Hormis les actes sexuels qui sont niés par son beau-père, «la très grande partie des faits pertinents au litige et des circonstances des actes sexuels ont été confirmés par l’accusé et sa conjointe», a-t-il écrit.

Le prévenu, qui est défendu par Me Mario Mélançon, avait en effet nié catégoriquement les gestes reprochés. Quant à la mère de la jeune fille, qui est toujours en couple avec cet homme, elle avait pour sa part déclaré ne pas la croire sous prétexte qu’elle connaît son conjoint.

Toujours selon lui, leurs versions comportaient de nombreuses contradictions et invraisemblances. Ils avaient notamment soutenu que c’est la jeune fille qui passait son temps à se masturber dans sa chambre et qui regardait de la pornographie au point qu’il avait fallu lui enlever son ordinateur.

«Certes, la victime avait des problèmes de comportement sur le plan sexuel pour un enfant de son âge de 14 à 16 ans. Aux prises avec une déficience intellectuelle et avec une certaine candeur, elle admet ses comportements alors que l’accusé et sa mère tentent bien en vain de nier et de cacher l’environnement d’hypersexualisation auquel ils contribuent», précise-t-il.

Notons que la jeune fille a d’ailleurs été retirée de ce milieu et placée en famille d’accueil.

Si la preuve de la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, permet de conclure à des gestes de masturbation par l’accusé et un cunnilingus, la confusion de l’enfant sur l’utilisation d’un vibrateur par le suspect a soulevé un doute dans son esprit, d’où un verdict d’acquittement sur cet événement survenu entre 2012 et 2014.

Par ailleurs, en ce qui concerne la seconde victime, qui disait avoir été agressée à une reprise lorsqu’elle avait 12 ans, le juge a cru sa version. Elle reprochait à son père de l’avoir obligée à lui montrer ses seins sous prétexte qu’il les trouvait trop gros pour son âge ou qu’elle avait rembourré sa brassière.

Encore là, la version de l’accusé a été jugée non crédible, voire farfelue. Il avait prétendu que cet événement était survenu dans l’exercice de son autorité parentale et à des fins éducatives.

Les plaidoiries sur sentence ont été fixées au 19 juin.