On voit ici Marc Isabelle quelques minutes avant qu'il ne soit condamné à une peine de 15 mois de prison. Il est accompagné sur la photo de sa conjointe Anik Saint-Pierre.

Quinze mois de prison pour Marc Isabelle

Le musicien et producteur bien connu de Shawinigan, Marc Isabelle, a pris le chemin de la prison, mercredi, pour des abus sexuels commis sur une mineure au début des années 90.
Le juge David Bouchard lui a en effet imposé 15 mois de prison ferme, en plus d'une probation de deux ans assortie de plusieurs conditions. Il a par ailleurs prononcé des sursis de sentence sur les chefs de menace contre cette même victime et de voies de fait contre une autre plaignante. Finalement, il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie. 
Cette sentence a été reçue avec beaucoup d'émotions tant par Marc Isabelle et sa conjointe, Anik Saint-Pierre, que par les victimes, tous présents dans la salle d'audience. 
Rappelons qu'en février 2017, le tribunal l'avait déclaré coupable de s'être livré à des attouchements sexuels sur une fillette et de l'avoir incitée à des contacts sexuels avec lui mais uniquement sur la période comprise entre 1990 et 1994. La victime était alors âgée entre trois et sept ans environ. 
Les faits reprochés sont des gestes de masturbation que la jeune fille devait exécuter à sa demande et des caresses de l'accusé avec sa bouche et ses mains sur sa vulve et d'autres parties de son corps. 
En ce qui a trait aux allégations d'abus sexuels et de voies de fait commis entre 1994 et janvier 2011, le tribunal avait plutôt décidé de l'acquitter. Il l'avait par contre déclaré coupable d'un chef de menace contre cette jeune fille pour un événement survenu en janvier 2011. 
Quant aux délits qui auraient été commis sur une seconde plaignante, il avait bénéficié d'un acquittement sur les accusations de nature sexuelle mais avait été déclaré coupable d'un seul chef de voie de fait pour un coup porté au visage avec sa main. 
La procureure de la Couronne, Me Catherine Vincent, avait réclamé une peine de trois ans de prison. La défense, représentée par Me Yvan Braun, avait plutôt suggéré une absolution inconditionnelle pour la menace et le voie de fait. En ce qui concerne les abus sexuels, il avait demandé une peine dans la collectivité. 
Pour rendre la sentence, le juge a tenu compte de plusieurs facteurs comme la nature et la gravité des infractions, le bas âge de la victime, la répétition des délits pendant quatre ans et l'abus d'autorité. La victime a évidemment subi des blessures affectives importantes qui persistent encore aujourd'hui. Toutefois, elle avait déclaré en cour ne pas rechercher la vengeance mais plutôt souhaité que l'accusé assume les conséquences de ses gestes. 
Quant aux facteurs atténuants qui ont joué en faveur de Marc Isabelle, on retient son absence d'antécédents judiciaires, le respect de ses conditions de remise en liberté et les conséquences négatives pour sa conjointe. 
En ce qui concerne la médiatisation de cette affaire et des impacts sur sa carrière professionnelle, le tribunal a pris soin de mentionner que la couverture médiatique n'avait pas été à ce point exceptionnelle pour affecter de manière démesurée la situation pénale de l'accusé. Certes, la déclaration de culpabilité a affecté ses activités professionnelles mais cela constitue un élément dissuasif. 
Or, ce n'est pas suffisant aux yeux du juge pour conclure que les objectifs de dénonciation et de dissuasion générale ont tous été atteints, surtout qu'il s'agit de crimes envers des enfants. En ce sens, le juge a rappelé que lors de son témoignage, Marc Isabelle avait surtout parlé de son incompréhension et des conséquences professionnelles négatives pour lui et sa conjointe. 
«Le tribunal est conscient que l'accusé conteste en appel sa condamnation mais la peine que doit rendre le tribunal doit aussi atteindre l'objectif de susciter la prise de conscience de l'accusé pour les torts causés aux victimes. En l'espèce, la preuve ne permet pas de conclure qu'il s'agit d'objectifs atteints et même en voie de l'être», a-t-il déclaré. 
Il a donc décidé de lui imposer 15 mois de prison ferme, en rejetant la collectivité. 
Quant à la menace et le voie de fait, il a plutôt opté pour sursis de sentence.
Me Braun a pour sa part annoncé à sa sortie du tribunal qu'il entendait demander la libération de son client dans les plus brefs délais puisque la sentence, autant que la déclaration de culpabilité, sera elle aussi portée en appel.