Quatre mois de prison pour Pascal Grondin

Trois-Rivières — Un homme de 27 ans, Pascal Grondin, a été condamné à quatre mois de prison pour avoir proféré des menaces contre les employés du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) et les occupants du palais de justice.

Entre le 18 janvier et le 6 février dernier, cet individu a laissé deux messages menaçants sur la boîte vocale de l’organisme. Sur le premier, il a tout d’abord affirmé qu’il avait besoin d’aide et que pour lui, «la seule façon d’obtenir justice était de voir le palais de justice exploser». Le 6 février, il a laissé un nouveau message dans lequel il réitérait son besoin d’avoir de l’aide pour ensuite ajouter: «Si je meurs, je vais emporter le plus de monde avec moi.»

Cet appel a été le dernier. L’organisme a immédiatement porté une plainte contre lui et Pascal Grondin a été arrêté à son domicile de la rue Gingras à Trois-Rivières.

Alors que son procès devait commencer mercredi matin, Pascal Grondin a plaidé coupable aux accusations portées contre lui, soit menaces de mort, possession de marijuana et bris de probation. Selon ce qu’on a pu apprendre, Grondin avait déjà bénéficié de l’aide du CAVAC dans le passé en lien avec des abus sexuels dont il aurait été victime dans son enfance. Or, comme il était souvent agressif et parfois intoxiqué, l’organisme avait dû mettre fin aux services.

Dans le cadre de son témoignage devant le tribunal, Pascal Grondin a répété à quelques reprises à quel point il avait besoin d’aide dans la vie. Or, il estime qu’aucun organisme ni spécialiste ne peut lui venir en aide comme il le voudrait. «Ils donnent de l’argent et des services mais il n’y a aucun organisme qui donne de l’amour», a-t-il déploré.

Il jette le blâme sur son incapacité à entrer en contact avec les gens et les problèmes de son enfance. «Mon seul ami, c’est mon dealer parce que je n’ai pas le choix de parler avec lui pour avoir de la drogue», a-t-il ajouté.

La procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, a suggéré l’imposition d’une peine de six mois de prison en insistant sur l’importance de protéger la population. Selon elle, cet homme a bel et bien reçu de l’aide mais c’est lui qui a refusé de consulter des psychologues et de prendre la médication.

Pour sa part, l’avocat de la défense, Me Mario Mélançon, estimait qu’une peine de 60 jours de prison serait appropriée dans les circonstances et que la réhabilitation devrait être favorisée.

Avant de rendre la sentence, le juge Simon Ricard n’a pas caché qu’il était préoccupé par le niveau d’ouverture de l’individu à recevoir de l’aide. Il lui a aussi rappelé que ce type d’appels de détresse n’était pas la façon de faire car ses menaces avaient suscité des craintes chez les employés du CAVAC. «Ce sont des gens qui ne demandent qu’à aller travailler le matin et donner de l’aide», a-t-il indiqué.

Qui plus est, il a noté que Pascal Grondin compte une vingtaine de condamnations à son actif, ce qui constitue des facteurs aggravants.

D’un autre côté, il a tenu compte de son plaidoyer de culpabilité et de son enfance difficile. Dans ce contexte, il ne s’est pas dit prêt à lancer la serviette en écartant toute possibilité de réhabilitation.

Il l’a donc condamné à quatre mois de prison, moins la détention préventive de 52 jours. Il lui a aussi imposé la plus longue probation possible, soit trois ans avec un suivi pendant deux ans. À ce sujet, il a prévenu Pascal Grondin qu’il devrait désormais faire l’effort d’accepter de recevoir de l’aide. «Avec des menaces, vous fermez des portes; la seule qui risque de rester ouverte est celle de la détention.»

Grondin aura plusieurs conditions à respecter dont celles de rencontrer un médecin et de suivre les thérapies appropriées. Il lui sera interdit d’avoir des armes et de la drogue en sa possession, de communiquer avec les gens du CAVAC et de se rendre dans leurs locaux. Pas question non plus d’aller au palais de justice sauf exception. Le cas échéant, il devra se rapporter immédiatement à un constable spécial.

À sa sortie de la salle d’audience, le directeur général du CAVAC, Dave Lysight, n’a pas voulu commenter la sentence. Il a cependant mentionné que Pascal Grondin avait réellement besoin d’aide mais qu’en raison des menaces proférées, l’organisme avait la responsabilité de dénoncer ses agissements afin d’assurer sa protection à lui, autant que celle des employés du CAVAC et de la clientèle. «Même si c’est peu fréquent, il ne faut pas prendre à la légère ce type de propos. Et, il faut être cohérent avec notre mission», a-t-il conclu.