Tom Drapeau

Quatre mois dans la collectivité pour deux des accusés

Trois-Rivières — Deux des cinq hommes impliqués dans une violente agression armée contre deux personnes dans un logement de la rue Saint-François-Xavier en mars 2018, Tom Drapeau et Jonathan Grenier-Tremblay, ont été condamnés, mardi, à une peine de quatre mois à purger dans la collectivité.

C’est la conclusion à laquelle est arrivé le juge Jacques Trudel. Ces deux sentences, rendues sur le banc, sont accompagnées de plusieurs conditions auxquelles les deux jeunes hommes devront se plier, notamment un couvre-feu qui sera de plus en plus permissif tout au long des quatre mois. Ils devront également respecter une probation de deux ans et effectuer 100 heures de travaux communautaires.

Fait à noter, l’implication de Drapeau et Grenier-Tremblay s’est limitée à conduire les véhicules pour se rendre chez les victimes et pour ensuite fuir les lieux. Ils n’ont donc pas participé directement aux agressions.

Même si les rapports présentenciels des deux accusés sont très positifs et qu’il a reconnu que les risques de récidive, entre autres car ils ont tous les deux plaidé coupable à l’accusation réduite de complicité après le fait qui pesait contre eux et qu’ils exprimaient des remords, le juge Trudel n’a pas décidé de suivre les recommandations des deux avocats de la défense, Me Yvan Braun et David Edmunds. Ces derniers proposaient des absolutions conditionnelles pour leur client respectif. La Couronne réclamait plutôt une peine entre six et neuf mois pour Grenier-Tremblay et de quatre mois dans la collectivité pour Drapeau.

Selon le magistrat, la gravité du crime l’a poussé à leur décerner une peine d’emprisonnement.

Jonathan Tremblay-Grenier

«Le processus judiciaire est parvenu à vous dissuader de récidiver. [...] Mais il serait incohérent, ou injuste, de vous donner une absolution», a-t-il expliqué en faisant référence aux peines beaucoup plus lourdes qu’ont déjà écopées deux autres individus impliqués dans cette affaire.

Parmi les trois autres accusés, Alex Vallée a été le premier à régler ses dossiers en plaidant coupable à plusieurs accusations dont celle d’avoir intentionnellement déchargé une arme à feu contre les deux victimes dans le but de blesser ou mutiler. La cour lui a alors imposé une peine 68 mois de prison. Après avoir reconnu sa culpabilité à des accusations de voies de fait armées et de menace ainsi qu’à des chefs d’entrave, de possession de cannabis et de haschich et de bris de conditions, Jimmy Doucet-Boisvert, l’instigateur de cette agression, a quant à lui été condamné à 32 mois de pénitencier. Le cinquième homme impliqué dans l’agression, Alexis Lalande, n’a pas encore réglé ses dossiers.

On se souviendra qu’un conflit entre deux amis lié à un triangle amoureux et la garde d’un chien est l’origine de cette agression. Voulant récupérer son chien chez son ami, Jimmy Doucet-Boisvert a alors planifié une opération en faisant appel à Alex Vallée, Alexis Lalande, Tom Drapeau et Jonathan Tremblay-Grenier. Le 22 mars en soirée, ils se sont rendus au domicile de l’ancien ami tout en prenant soin d’apporter des bâtons de baseball et de hockey. Alex Vallée avait pour sa part opté pour un revolver qu’il avait déjà en sa possession.

La situation a cependant dégénéré. L’homme qui avait gardé le chien n’était pas là mais sa sœur et le conjoint de celle-ci étaient présents. Le ton a monté ce qui a valu à la jeune femme de recevoir des coups de bâton sur la tête. Elle a voulu se défendre avec une pelle mais Alex Vallée a tiré en sa direction, l’atteignant aux cuisses.

Lorsque le conjoint s’est pointé, les suspects ont voulu prendre la fuite. Celui-ci a notamment essayé de les arrêter mais Vallée a utilisé son revolver une autre fois en le tirant au thorax. Les deux victimes ont d’ailleurs dû être conduites à l’hôpital.

L’enquête policière a permis de mettre la main au collet des cinq suspects dans les heures suivantes.