Quatre ans de prison pour Florent Domaine pour des abus sexuels sur trois femmes

Florent Domaine, un individu de 65 ans de Grand-Mère, devra purger quatre ans de pénitencier pour des viols et une tentative de viol commis sur trois femmes il y a plus de 40 ans.
Les crimes qui lui sont reprochés, et pour lesquels il a été déclaré coupable au terme d'un long procès, sont survenus entre 1964 et 1975 à Saint-Jean-des-Piles.
Dans le cas de la première victime, elle était âgée entre 12 et 17 ans lorsque les abus sexuels ont été commis. Domaine l'a violée à plusieurs reprises entre 1966 et 1971 et s'est également livré à d'autres gestes de nature sexuelle. Pour parvenir à ses fins et s'assurer de son silence, il l'a également menacée et intimidée de plusieurs façons.
En ce qui concerne la seconde plaignante, elle a été victime d'une tentative de viol entre 1972 et 1975. Elle avait 19 ans environ.
Enfin, la troisième victime n'avait que six ans lorsque Domaine, alors âgé de 16-17 ans, l'a elle aussi violée. C'était en 1964-1965.
Ce serait le décès d'une personne de l'entourage des victimes qui aurait déclenché l'enquête en janvier 2009. Florent Domaine, un individu sans passé judiciaire, a donc été arrêté en avril suivant. Quelques années plus tard, il a subi son procès qui s'est soldé par un verdict de culpabilité sur des chefs de viol et de tentative de viol.
Dans cette affaire, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Benoît Larouche, réclamait une peine de quatre ans de prison alors que l'avocat de la défense, Me Robert Bellefeuille, suggérait une peine de deux ans.
Vendredi matin, le juge Richard Poudrier a conclu que la peine appropriée pour tous ces crimes devait être de quatre ans. Dans une décision longue et étoffée, il a rappelé la liste des facteurs à prendre en considération pour ce type d'infractions, soit la nature et la gravité des gestes, la fréquences des infractions, l'abus de confiance et d'autorité, les désordres sous-jacents du délinquant, les condamnations antérieures, le comportement du délinquant après les infractions, le délai entre la commission des infractions et la déclaration de culpabilité et enfin, les séquelles subies par les victimes.
Or, après avoir cité plusieurs extraits de jurisprudence, il a écarté la possibilité de réduire la peine de prison en raison du délai qui s'est écoulé entre les infractions et la déclaration de culpabilité. Bien que Florent Domaine ait pu avoir une vie exemplaire, son absence de remord et son refus de se responsabiliser face à ses gestes ont nettement joué en sa défaveur sur le quantum de la sentence.
Qui plus est, les victimes ont subi de lourdes séquelles psychologiques, sociales, familiales et même physiques qui ont grandement affecté toute leur vie. L'une d'elles, qui a qualifié Domaine comme le bourreau de sa vie, n'a pas caché qu'elle craignait même des représailles, d'autant plus qu'il y aurait eu des gestes d'intimidation au palais de justice.
Le juge Poudrier n'a pas manqué de souligner que Domaine avait été l'artisan de sa propre situation. Selon la preuve déposée devant lui, il en est donc venu à la conclusion que les faits aggravants supplantaient de beaucoup le seul facteur atténuant dans cette affaire, soit l'absence d'antécédents judiciaires du prévenu.
La fourchette des peines pour des crimes semblables se situant entre deux et six ans, il l'a condamné à quatre ans de pénitencier. Domaine sera aussi inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 20 ans et il ne pourra pas posséder d'armes pendant au moins dix ans.
À la fin de sa peine, il lui sera interdit de se rendre dans les endroits publics susceptibles de regrouper des enfants comme des parcs ou des piscines publiques et d'être en contact avec des moins de 16 ans, sauf s'il est en présence de ses petits-enfants ou sous la supervision d'un adulte responsable. Il ne pourra pas non plus se servir d'Internet pour communiquer avec des mineurs ou occuper un emploi qui le placerait en présence de ceux-ci.
Évidemment, il lui est strictement interdit de contacter ou importuner les trois victimes directement ou indirectement.