Promotion du cannabis: Krespine remis encore une fois en liberté

Trois-Rivières — Même s’il est soupçonné avoir récidivé dans la promotion du cannabis et avoir commis des bris de conditions, Albert-Abraham Krespine, le propriétaire de l’Association des consommateurs de cannabis médical du Québec (ACCMQ), a obtenu du tribunal d’être encore une fois remis en liberté.

Au terme d’une enquête sur caution qui s’est tenue plus tôt cette semaine, le juge David Bouchard a en effet accepté de le libérer pour la durée des procédures judiciaires avec sensiblement les mêmes conditions que la dernière fois. Les seuls ajouts portent sur le fait qu’il lui sera désormais interdit d’utiliser les médias sociaux et qu’il ne pourra pas travailler ailleurs que dans la compagnie de chemin de fer ayant promis de l’embaucher. Une caution a également dû s’engager à verser une somme de 5000 $ supplémentaire à titre de garantie.

La juge estime que les nouvelles infractions qui lui sont reprochées en lien avec la promotion du cannabis et les bris de conditions se situent au bas de l’échelle de gravité des crimes, surtout dans un contexte de légalisation du cannabis, que les probabilités de condamnation sont partagées et que le prévenu offre des moyens de défense valables.

Rappelons que le suspect a été arrêté le 5 décembre à Montréal par la Sûreté du Québec pour avoir brisé ses conditions de remise en liberté et pour avoir continué à faire la promotion du cannabis. Il aurait notamment fait la promotion et la publicité de ses commerces sur sa page Facebook. En raison de liens qui seraient difficiles à établir entre l’identité de l’utilisateur Facebook et l’implication réelle du suspect sur ses comptes, le juge a indiqué que la preuve apparaissait circonstancielle.

Ces infractions auraient été commises dans le cadre d’une remise en liberté sous conditions prononcée le 24 octobre dernier. Au départ, Krespine avait été arrêté pour avoir vendu des franchises de ses boutiques connues sous le nom de 710 ou Th City (dans la région, l’une est située à Shawinigan et l’autre à Trois-Rivières) et d’avoir incité les détenteurs de franchises à produire et à vendre du cannabis sans avoir les autorisations légales de Santé Canada.

Cette décision de le remettre en liberté tient compte aussi de ses antécédents judiciaires en matière de trafic et possession de stupéfiants, complot, fraude et recel.

Les dossiers de Krespine et de deux autres coaccusés dans cette affaire, Maxwell Gordon Knight et Maxime Gauthier, seront ramenés en cour le 8 janvier.

Malgré ce revers, la Direction des poursuites criminelles et pénales entend poursuivre ses démarches devant la Cour supérieure pour ramener le suspect en prison. Dans une requête en révision de l’ordonnance de remise en liberté qui avait été déposée le 11 novembre, c’est-à-dire avant la présumée récidive de Krespine, le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté soutenait que la décision du juge de première instance de le libérer comportait des erreurs et qu’elle était manifestement inappropriée.