Une résidence de Saint-Justin a fait l’objet d’une perquisition dans le cadre du projet Plutonium.
Une résidence de Saint-Justin a fait l’objet d’une perquisition dans le cadre du projet Plutonium.

Projet Plutonium: une perquisition à Saint-Justin

La Sûreté du Québec et le Kativik Regional Police Force (KRPF) ont démantelé un réseau de revente illégale d’alcool et de trafic de stupéfiants, mardi matin, dont les principaux suspects auraient acheté plus de 39 000 bouteilles d’alcool au cours des dernières années pour les revendre ensuite de huit à douze fois le prix dans 13 communautés du Nord-du-Québec.

Une résidence de Saint-Justin, située sur la route Gagné, a fait l’objet d’une perquisition dans le cadre de cette opération baptisée projet Plutonium. Aucune arrestation n’est prévue à ce stade de l’enquête.

Au total, les policiers ont effectué 12 perquisitions dans sept résidences et cinq véhicules, situés principalement dans la région de Montréal. 

Ce réseau aurait opéré entre 2016 et 2020. Selon cette enquête initiée en juin, les suspects auraient acheté pour plus de 900 000 $ d’alcool, de la vodka en particulier, avant de le revendre à gros prix dans les 13 communautés de Kativik. 

En plus de l’alcool, les suspects auraient fait le trafic de stupéfiants dans ces communautés. Ils auraient revendu les stupéfiants de deux à dix fois plus cher que le prix habituel. Les boîtes étaient acheminées par courrier.


Notons que 74% des appels acheminés aux policiers du KRPF sont en lien avec la consommation d’alcool. Dans un cri du cœur lancé récemment sur Facebook, la chanteuse Beatrice Deer, originaire de Quaqtaq, au Nunavik, a dénoncé la contrebande à large échelle dans sa région, affirmant que cette forme de criminalité était étroitement liée à des suicides, des meurtres et des agressions qui ravagent les communautés du Nunavik qui comptent une douzaine de milliers d’habitants.

Mme Deer, qui vit maintenant à Montréal, a affirmé dans un message publié il y a dix jours que des membres de sa propre famille se livraient à une telle contrebande et qu’elle avait pris soin de leur dire qu’elle ne les approuvait pas.

L’enquête est menée avec la collaboration de Revenu Québec, de la Société des alcools du Québec (SAQ) et de Postes Canada. Des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et du Service de police de Laval (SPL) ont aussi participé au projet Plutonium.