Le juge Jacques Trudel a accepté de libérer Sylvain Berthiaume, arrêté lors de l'opération projet Ouest, mais celui-ci devra respecter de sévères conditions, notamment de demeurer à son domicile 24 heures sur 24 sauf pour des fins de travail légitime et des urgences médicales.

Projet Ouest: deux des cinq individus sont libérés

Deux des cinq individus présumément liés au Deimos Crew qui ont subi leur enquête sur caution la semaine passée pourront reprendre leur liberté.
Le juge Jacques Trudel a en effet accepté de libérer Sylvain Berthiaume et Christian Fortin mais sous de sévères conditions. Les deux hommes, qui sont notamment accusés de gangstérisme et de trafic de stupéfiants, devront demeurer à leur domicile 24 heures sur 24 sauf pour des fins de travail légitime et des urgences médicales. Il leur sera interdit de se rendre au local des Deimos Crew à Notre-Dame-du-Mont-Carmel et des autres groupes de motards criminalisés, d'avoir des contacts avec leurs présumés complices sauf en présence de leur avocat. Ils ne pourront pas non plus communiquer avec des personnes ayant des antécédents judiciaires, avoir des cellulaires ou autres appareils de télécommunication sauf pour des fins de travail et se rendre dans les bars. Enfin, il leur est interdit de posséder des armes et des stupéfiants. 
Et pour s'assurer du respect de ses conditions, Fortin a dû s'engager financièrement pour une somme de 2000 $ sans dépôt. Son employeur a pour sa part dû verser 5000 $ alors que sa conjointe propose une caution sans dépôt de 1000 $. Dans le cas de Berthiaume, il devra contracter une hypothèque judiciaire sur un terrain lui appartenant pour garantir une somme de 5000 $. Son employeur devra pour sa part s'engager pour une somme de 10 000 $  dont 5000 $ avec dépôt. 
Quant à Éric Sirois, Kiven Ricard et Stéphane Denis, qui font eux aussi face à plusieurs accusations dont celle de gangstérisme (sauf dans le cas de Sirois), leur détention a été ordonnée pour la durée des procédures judiciaires. 
Pour rendre sa décision, le juge a tenu compte de plusieurs facteurs comme la preuve présentée par la Couronne, leur rôle dans l'organisation criminelle, leur niveau de participation, leur profil, leur mode de vie, leur situation personnelle et familiale ainsi que les garanties qu'ils proposaient. Une ordonnance de non-publication nous interdit cependant de dévoiler le contenu de la preuve à ce stade des procédures. 
D'emblée, le juge a rejeté leur suggestion de se munir d'un bracelet électronique avec GPS. Selon lui, il ne s'agit pas d'un moyen suffisant pour prévenir la récidive surtout en matière de trafic de stupéfiants perpétré par les présumés membres d'un groupe de motards criminalisés. Qui plus est, ce système exige des coûts importants qui doivent être assumés par les prévenus et la mise en place de ressources policières assignées au dispositif en cas d'alarme. 
Rappelons que ces individus ont été arrêtés en même temps qu'une trentaine d'autres dans le cadre du projet Ouest mené par l'Escouade régionale mixte de la Mauricie. La police estime avoir réussi à démanteler un club-école des Hells Angels à Trois-Rivières, soit les Deimos Crew. Ces derniers sont soupçonnés d'avoir eu le contrôle exclusif de la vente de cocaïne, de méthamphétamines et du cannabis dans notre région. 
Les 14, 15 et 16 août, ce sera au tour du Hells Angels et parrain des Deimos Crew Paul Magnan, de Jean-Claude Binet, de Sylvain Lahaie et de Richard Tessier de subir eux aussi une enquête sur caution.