Une perquisition avait eu lieu au local des Deimos Crew à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Projet Ouest: d'autres suspects libérés des accusations

Shawinigan — Le ministère public a retiré les accusations portées contre quatre autres individus arrêtés dans le cadre du projet Ouest visant les motards criminalisés.

Tel qu’annoncé le 15 décembre dernier, quatre hommes ont été libérés, jeudi, des charges qui pesaient contre eux lors du retour de cette affaire au palais de justice de Shawinigan. Il s’agit de Pascal Gaudreault, Luc Larocque, Claude Magnan (le frère du Hells Angels Paul Magnan) et Serge Tessier. 

En guise d’explications, la Couronne a réitéré que dans la foulée de l’arrêt Jordan, l’ensemble du dossier en lien avec le projet Ouest avait dû être revisité. Ainsi, il semble que dans un souci de célérité, il a fallu prioriser les dossiers des individus qui étaient davantage impliqués dans les crimes présumément commis. 

Cela porte donc à 12 le nombre d’individus qui ont été libérés des accusations portées contre eux dans le cadre de cette opération. Le 15 décembre dernier, la Couronne avait en effet annoncé le retrait des accusations contre le Hells Paul Magnan, Dominic Ciccone, Éric Deschênes, Christian Fortin, Marie-Ève Marquis, Richard Tessier, Éric-Réal Champigny et enfin Martin Villemure, ce dernier étant décédé. 

Tout dépendant des individus, ils faisaient face à des accusations de gangstérisme, complot pour trafic de stupéfiants, trafic de stupéfiants et/ou recyclage des produits de la criminalité pour des infractions qui remontent à janvier 2016.

Évidemment, cette décision du ministère public est plutôt surprenante dans un contexte où le gouvernement prétend prioriser la lutte contre le crime organisé. Est-ce qu’il y a lieu de pointer du doigt le manque de ressources pour mener à bien de telles opérations policières jusqu’au procès? À la Direction des poursuites criminelles et pénales, personne n’a voulu commenter. 

Le bâtonnier de la Mauricie, Me Benoît Larouche, a de son côté rappelé que cette procédure qui consiste à retirer des accusations est quelquefois utilisée. Or, ce qui est particulier selon lui dans le cas présent est qu’elle ait été appliquée aussi rapidement, et ce, pour autant d’individus arrêtés dans un projet visant le crime organisé. «À mon souvenir, ça ne s’est jamais produit à Trois-Rivières et peut-être même au Québec. On se rappellera que la cause du projet SharQc s’était rendue en Cour suprême; celle-ci avait ordonné l’arrêt des procédures en fonction du délai à venir pour que le groupe ait droit à un procès. Ce délai avait en effet été évalué. C’est le parallèle qu’on peut faire aujourd’hui sauf que c’était la Cour qui l’avait ordonné alors que présentement, c’est la poursuite qui a retiré les accusations quelques mois seulement après les comparutions», a-t-il indiqué. 

Rappelons que l’Escouade régionale mixte de la Mauricie avait réalisé une frappe policière majeure le 31 mai dernier en s’attaquant à des présumés membres d’un groupe de motards criminalisés, plus précisément les Deimos Crew, un club-école des Hells Angels de Trois-Rivières. On les accusait d’avoir le contrôle exclusif de la vente de cocaïne, de méthamphétamine et du cannabis à Trois-Rivières, Shawinigan, Louiseville, Maskinongé et Portneuf. Plus d’une trentaine d’individus avaient alors été arrêtés. 

Quant à la vingtaine de suspects contre qui les accusations sont toujours maintenues, la cause a été reportée au 24 janvier pour éventuellement fixer des dates d’enquête préliminaire.