Éric Nault

Procès pour violence conjugale: «Il faut que je mette une fin quelque part»

Trois-Rivières (NM) — Un homme de Saint-Sylvère, Éric Nault, subit présentement son procès au palais de justice de Trois-Rivières pour des gestes de violence conjugale qui auraient été commis entre 2008 et 2016 sur une ex-conjointe.

Avec beaucoup d’émotion, la plaignante a dépeint le prévenu comme un homme jaloux et possessif, qui ne ratait pas une occasion de la dénigrer et de contrôler sa vie. Elle a ainsi relaté une trentaine d’épisodes de violence physique, verbale et psychologique qui seraient survenus au cours des années où ils ont formé un couple. À une occasion, il lui aurait notamment asséné des coups de poing au ventre et aurait agrippé ses cheveux pour lui frapper la tête sur le sol. Elle se rappelle avoir vu des points noirs. Ce sont les cris de sa mère qui l’ont ramené à elle. «Si j’avais été toute seule avec lui, je ne sais pas ce qui se serait passé », a-t-elle raconté en pleurant au juge Guy Lambert.

Elle avait ensuite été conduite à l’hôpital compte tenu des douleurs qui lui coupaient le souffle. Pendant le trajet, le suspect lui aurait fait bien comprendre de ne pas parler. Une fois sur place, il aurait même insisté auprès du médecin pour demeurer auprès d’elle dans la salle de consultations mais il aurait finalement été obligé de sortir. Le médecin a tenté d’en savoir plus auprès de la plaignante qui prétendait avoir trébuché sur une bûche. Il était sceptique compte tenu de la nature de ses blessures aux côtes. Elle avait cependant refusé de dire la vérité sachant que son conjoint écoutait la conversation de l’autre côté de la porte. «J’ai rien dit mais le docteur s’en est rendu compte. Il l’a vu dans mes yeux et il a laissé le dossier ouvert», a-t-elle précisé.

Elle a aussi relaté un autre épisode de violence où il l’aurait menacée avec un fusil de chasse en pointant le canon directement sur son front lors d’une dispute pour lui dire: «Tu ne sortiras jamais d’ici, je vais te tuer.» Il serait ensuite descendu dans le sous-sol où il aurait tiré un coup de feu. En panique, elle prétend avoir appelé sa belle-mère dans l’espoir que celle-ci puisse le raisonner. Il serait ensuite revenu auprès d’elle pour encore une fois la menacer avec l’arme. Elle se rappelle encore de la peur éprouvée et d’avoir pensé à son fils.

Parmi les autres événements qui ont été mentionnés, il l’aurait obligée à brûler des photos de son enfant tout simplement parce que sur certaines d’entre elles, il y avait un autre homme. Il a aussi été question d’un épisode où elle aurait subi des voies de fait avec une pelle.

Elle soutient avoir décidé de porter plainte contre lui en novembre 2016 après qu’il ait mis en danger sa vie et surtout celle de son fils au volant d’un véhicule. À ce moment, elle n’avait qu’une pensée en tête: «Il faut que je mette une fin à quelque part. Il avait tellement été méchant avec moi et mon fils», a-t-elle indiqué.

Éric Nault a ensuite été arrêté par les policiers et remis en liberté avec des conditions pour la durée des procédures jduciaires. Or, il aurait ensuite tout fait pour lui compliquer la vie notamment en refusant de lui remettre ses effets personnels, ses vêtements et ceux de son enfant. Il lui aurait donné une première fois les vêtements que l’enfant portait lorsqu’il était bébé et une lettre dans laquelle il la suppliait de retirer sa plainte contre lui.

Et lorsqu’elle a pu retourner une seconde fois chez lui, toujours en compagnie de policiers pour récupérer ses affaires, il l’aurait obligée à tout ramasser en une heure, aurait délimité son terrain avec des rubans, aurait percé des trous dans les sacs de vêtements pour les remplir d’eau et aurait modifié sa voiture au point de le rendre inutilisable. En déballant les sacs, elle a plus tard réalisé qu’il ne lui avait pas redonné ses vêtements mais ceux d’autres femmes. Elle a donc dû tout racheter.

Dans ce procès, la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet a porté plusieurs accusations contre Éric Nault notamment harcèlement, voies de fait, menaces, voies de fait armées avec une pelle, utilisation d’une arme lors de voies de fait, avoir braqué une arme à feu et conduite dangereuse. Le procès va se poursuivre toute la semaine. C’est Me Alexandre Biron qui représente le prévenu.