Procès d’un homme pour des abus sexuels sur sa belle-fille

TROIS-RIVIÈRES — Le procès d’un homme de 40 ans, accusé d’avoir abusé sexuellement de sa belle-fille pendant quatre ans, a commencé, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières.

À plusieurs reprises entre 2012 et 2016, cet individu, dont on doit taire le nom pour protéger celle de la plaignante, se serait livré à des attouchements sexuels et des agressions sur la jeune fille. Il doit aussi répondre à une accusation d’incitation à des contacts sexuels. Au cours de la période visée par les accusations, la présumée victime était âgée entre 9 et 13 ans. Les délits auraient principalement été commis à la résidence familiale située à l’époque à Aston-Jonction.

Selon ce qu’elle a raconté aux policiers, les abus sexuels consistaient en des masturbations, des cunnilingus, des touchers et même des gestes et/ou des tentatives de pénétration.

Dans le cadre du procès, le juge David Bouchard a notamment pu entendre la déclaration vidéo que la plaignante a faite aux policiers en juin 2016 dans laquelle elle relate les abus allégués commis par son beau-père. Toutefois, le plus troublant dans cette histoire demeure l’attitude de sa propre mère, qui encore aujourd’hui, serait toujours en couple avec l’accusé.

L’adolescente, maintenant âgée de 15 ans, a en effet raconté à la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, qu’elle avait revu sa mère une seule fois depuis sa dénonciation. «Je n’ai pas voulu la revoir après car je ne pouvais pas concevoir qu’elle n’était pas capable de croire sa fille», s’est-elle exclamée.

En effet, elle soutient avoir dénoncé une première fois les agissements de son beau-père à sa mère alors qu’elle était seule avec elle au retour de l’école. Elle avait environ 11-12 ans. Or, celle-ci aurait décidé d’en discuter plus amplement au souper en présence du beau-père et de sa fille, même si celle-ci ne voulait pas être présente à la table. Selon ce qu’elle a raconté, sa mère aurait tenté de savoir ce qui s’était passé précisément. À ce moment, elle ne se rappelle pas si son beau-père a nié les gestes allégués mais il aurait fini par dire qu’il ne recommencerait plus.

Or, après une période d’accalmie, il aurait récidivé à deux reprises dont une dernière fois en juin 2016. Comme les relations avec sa mère étaient difficiles, elle se serait donc confiée à une psycho-éducatrice de l’école sur les abus de son beau-père, ce qui a déclenché un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse. Du coup, sa mère a été informée de la situation. Après avoir rencontré les policiers, la jeune fille a été sortie de ce milieu. Elle est demeurée pendant une semaine chez une amie de sa mère. Elle a ensuite vécu chez son père pendant quelques mois pour finalement être confiée à une famille d’accueil.

Le procès devrait se poursuivre cette semaine.