Le procès d’Olivier Charrière en est à sa quatrième semaine.

Procès d’Olivier Charrière: son père aurait perdu près de 230 000$

Trois-Rivières — Après trois semaines de procès, c’est maintenant au tour d’Olivier Charrière de présenter sa défense en lien avec les accusations de fraude et de vols portées contre lui.

On reproche à cet homme d’avoir détourné et volé pour plus de 800 000 $ à des agriculteurs dans le cadre de ses activités de courtage agricole. Les gestes reprochés auraient été commis en 2008 et en 2009, alors qu’il était propriétaire des Élévateurs de la Rive-Nord à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Son entreprise était spécialisée dans le commerce, le séchage et l’entreposage du grain. Selon la poursuite, Charrière aurait vendu du grain en consignation sans en remettre les recettes aux producteurs. Il est également soupçonné d’avoir détourné plus de 180 000 $ à même les coffres de son entreprise pour l’aider à s’acheter une maison et un immeuble à logements. 

Or, la défense veut démontrer qu’il s’agit plutôt d’activités professionnelles qui ont échoué malencontreusement. Me Miguel Mpetsi-Lemelin a en effet appelé à la barre des témoins lundi après-midi le père de son client, Benoit Charrière. Ce dernier a relaté l’avoir endossé pour des sommes totalisant 230 000$ entre 2007 et février 2009, notamment pour l’achat d’un nouveau séchoir. Selon lui, il s’agissait d’une excellente initiative de son fils visant à améliorer l’efficacité du plan de séchage.

Or, en juin 2009, il a reçu un appel d’un agriculteur qui se plaignait qu’Olivier Charrière lui avait fait un chèque sans fonds. Il aurait voulu par la suite obtenir des explications auprès de son fils mais sans jamais avoir toutes les réponses. En fait, il a lui-même perdu par la suite la quasi-totalité de ses 230 000$ à l’automne 2009. «J’ai donné une terre en garantie et j’ai fait un prêt. J’ai respecté mes engagements», a-t-il déclaré. 

Puisque son fils a suivi des études en gestion de l’agriculture, il affirme ne s’être jamais impliqué dans ses affaires, ni dans la façon dont il gérait son entreprise. «Je n’ai pas posé de questions et c’est le reproche que je peux me faire maintenant», a-t-il ajouté. 

Au cours des dernières semaines, le ministère public représenté par Me Julien Beauchamp-Laliberté et Me Benoît Larouche a pour sa part fait témoigner plusieurs personnes, dont les présumées victimes. Une longue preuve comptable a également été présentée au jury. 

Tout juste avant de clore sa preuve lundi, la Couronne a rappelé à la barre l’enquêteur principal au dossier, Jean-François Baril, et ce, dans un souci de transparence. Des informations transmises devant le jury la semaine passée ont soulevé des interrogations sur un possible conflit d’intérêts. 

En 2009, la ferme familiale appartenant aux parents du policier a déjà transigé avec Olivier Charrière et a eu des difficultés à se faire payer.

Lundi, M. Baril a expliqué que lorsque l’enquête sur Charrière lui a été confiée en février 2010 par la Sûreté du Québec, il a informé ses supérieurs de la situation. À ce moment, ses parents avaient été payés. 

Il a aussi admis en cour qu’il était devenu en 2015 un actionnaire minoritaire de la ferme familiale. Par contre, il ne s’occupe pas de la logistique ni de l’administration; il aide tout au plus ses parents lors des semis. Il a aussi avoué connaître quelques agriculteurs qui auraient été lésés puisque certains sont des voisins de la ferme familiale. 

Le procès va se poursuivre mardi.