Olivier Charrière lors de son arrestation en 2015.

Procès d’Olivier Charrière: d’ex-employés et une agricultrice témoignent

Trois-Rivières — Le procès devant jury d’Olivier Charrière, qui est accusé de vols et de fraudes totalisant plus de 800 000 $ en 2008 et 2009, s’est poursuivi mercredi avec le témoignage de ses ex-employés et d’une agricultrice qui aurait été flouée par le prévenu.

C’est le cas d’Étienne Leblanc qui a occupé le poste de technicien en séchage pour l’entreprise de l’accusé, de 2007 à 2009. Au début, il se rappelle que les affaires allaient bien. Charrière était selon lui confiant et visionnaire de sorte qu’il n’a pas hésité à embarquer dans cette aventure au plan de séchage de Sainte-Geneviève-de-Batiscan. 

Or, Charrière est devenu de plus en plus absent, surtout en 2009 peu de temps avant qu’il ne fasse faillite. M. Leblanc a notamment constaté que des clients mécontents se pointaient sur les lieux parce qu’ils étaient à sa recherche, ce qui lui a laissé croire que les affaires allaient plus ou moins bien. 

«J’étais trop absorbé par mon travail pour m’en occuper. C’est un geste stupide, car en bout de ligne, j’y ai perdu trois ans de ma vie. Le projet s’est soldé par un gros rien. Je n’ai jamais eu la maison qu’il devait me vendre, j’ai dû déménager, je n’ai pas eu mon 4 %, ni le pourcentage qu’il me devait sur les revenus, ni ma dernière paie», a-t-il déclaré. 

Jocelyne Grand’Maison a pour sa part été la secrétaire administrative de Charrière de 2007 à 2009. À partir de 2009, elle a noté que plusieurs chèques ont été retournés pour insuffisance de fonds. Elle a aussi constaté que certains fournisseurs ou acheteurs tardaient à verser l’argent qu’ils devaient à Charrière.

Selon elle, le portrait financier de l’entreprise était florissant mais il manquait de liquidité dans les comptes. À partir de mai 2009, elle a commencé à recevoir fréquemment des appels ou des visites d’agriculteurs qui voulaient être payés. 

«Je pleurais. Je n’étais plus capable de recevoir des bêtises et des menaces. J’ai pris une semaine de vacances parce que j’étais épuisée», a-t-elle raconté. Peu de temps après son retour au travail en juin, Charrière a fermé sa compagnie. 

Enfin, Lucie Fortier est propriétaire d’une ferme avec son mari à l’île d’Orléans. En 2008, elle a conclu une entente verbale avec Charrière afin d’entreposer et sécher leur récolte (96 tonnes d’orge) dans les silos de son entreprise jusqu’au moment de la vente. 

Mais, le couple n’a jamais été payé. Il a communiqué par téléphone et par courriel avec Olivier Charrière à quelques reprises en 2008 et 2009 afin de réclamer son dû, une somme estimée à 15 000 $ mais en vain. 

«Il a vendu notre grain. C’est certain, car il n’était plus dans ses silos. On ne sait pas ce qu’il a fait avec notre argent», a-t-elle conclu.