William Labranche fait face à une trentaine de chefs d'accusation pour des agressions sexuelles.

Procès de William Labranche: «Je vais avoir peur le restant de ma vie»

La première présumée victime de William Labranche, cet homme de 23 ans accusé de violence physique, sexuelle et de menaces contre deux femmes, a éclaté en sanglots, vendredi, au terme d'un témoignage qui a duré quatre jours et demi. «Je ne peux pas croire qu'il pourrait sortir de prison. Je vais avoir peur le restant de ma vie», a-t-elle déploré.
Il est vrai que le contre-interrogatoire de la défense n'a pas été facile pour la jeune femme qui s'est dite obligée de revivre des émotions difficiles. Me Pénélope Provencher avait exhibé plus tôt des cartes de souhaits datant de ses fréquentations avec le prévenu entre 2011 et 2013 dans lesquelles elle disait à quel point elle l'aimait. Confrontée à ce sujet, elle a indiqué ne plus s'en rappeler. La procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, lui a plus tard demandé si elle aimait William Labranche, ce à quoi elle a répondu: «Non, j'essayais de l'adoucir en lui montrant de l'attention».
On a également pu apprendre au cours de cette journée qu'elle avait revu Labranche à plusieurs reprises après leur rupture et qu'ils avaient même eu des relations sexuelles lors d'une soirée à Montréal. Selon elle, il continuait toujours à l'intimider et à la manipuler.
Elle a aussi admis avoir discuté au téléphone avec William Labranche à sept reprises pendant son incarcération. Ce dernier venait alors d'être arrêté pour des gestes de même nature portés sur une autre femme en avril 2015. Selon elle, Labranche lui aurait demandé de venir témoigner en sa faveur, ce qu'elle a refusé en lui rappelant ce qu'il lui avait fait subir. Il se serait alors justifié sur le fait qu'il était jeune. Il aurait également ri de l'autre présumée victime. Quelques jours après son dernier appel en octobre 2015, elle avait porté plainte à son tour. 
La Couronne a ensuite fait entendre des témoins qui sont venus corroborer certains faits soumis par la plaignante. C'est le cas d'une amie et ancienne colocataire. Elle a raconté avoir perdu tout contact avec la plaignante peu de temps après le début de ses fréquentations avec William Labranche. Elle aurait également découvert dans la chambre de celle-ci un coffre-fort qui empestait la marijuana. «Je lui en avais parlé. Elle m'avait dit que je la mettais dans la merde. Elle me semblait inquiète. Je savais que ça ne venait pas d'elle. Ça me fâchait qu'elle se mette dans le trouble à cause de cet homme», a-t-elle mentionné.  
Selon elle, la présumée victime a changé de façon draconienne au contact de Labranche. Avant, elle était de bonne humeur, entourée d'amis et toujours partante pour des activités. «Ensuite, je n'ai plus eu de nouvelles d'elle. On ne se parlait plus. Elle n'avait pas l'air heureuse. Elle était fermée et déconnectée. Je me suis sentie coupable de l'avoir laissée partir avec lui sans poser plus de questions», a-t-elle dit en éclatant en sanglots. 
Un ancien voisin a pour sa part indiqué avoir été témoin de l'agressivité de Labranche à quelques reprises. 
Il se rappelle aussi que ce dernier s'était même vanté d'avoir inséré un piment fort dans les parties intimes de sa conjointe. Il a décrit celle-ci comme une femme renfermée, réservée et mystérieuse. Selon lui, elle avait peur de parler au monde. Une fois, il l'aurait déjà saluée mais Labranche lui aurait fait comprendre par son attitude qu'il ne devait pas faire cela.
Le pire pour lui était toutefois d'entendre régulièrement les cris et les pleurs de la jeune femme en provenance de leur logement, situé au-dessus du sien. «C'était tellement fort que je pensais que ça se passait chez nous. C'était traumatisant! J'avais l'impression que quelqu'un se faisait battre et ''garrocher'' sur les murs. Ça arrivait trois ou quatre fois par semaine», a-t-il raconté, précisant même que des cadres de son propre logement étaient tombés. Il a avoué n'avoir jamais appelé la police mais avoir plutôt déménagé. 
Le procès va reprendre lundi avec d'autres témoins. La seconde présumée victime devrait pour sa part commencer à témoigner mardi matin, et ce, par le biais d'un télétémoignage en raison de ses problèmes de santé psychologique depuis les événements. Elle serait incapable de se trouver dans la même pièce que Labranche.