Roland Gingras est catégorique. Il réfute le témoignage de la plaignante lors de son procès pour agression sexuelle et exploitation sexuelle d'une personne déficiente.

Procès de Roland Gingras: «je ne l'ai jamais touchée»

«Je n'ai jamais touché à (nom de la plaignante). J'aime ma femme et je ne veux pas la tromper.»
Roland Gingras est catégorique. Il réfute le témoignage de la plaignante lors de son procès pour agression sexuelle et exploitation sexuelle d'une personne déficiente.
L'homme de 59 ans a été appelé à donner sa version des faits, parfois avec émotion, concernant les prétentions de la plaignante au sujet d'agressions sexuelles qui se seraient déroulées d'avril à juillet 2014 à Nicolet. Selon ce citoyen de Sainte-Sophie-de-Lévrard, sa vie de couple est excellente. Lorsqu'il n'est pas à son travail, il est toujours avec sa conjointe et les deux font toutes leurs courses, leurs activités et leurs visites ensemble.
La plaignante, qu'on ne peut nommer, avait pourtant indiqué durant le procès que l'accusé profitait des absences de sa conjointe afin de l'agresser sexuellement dans le logement du couple. Questionné par son avocat, Me Bertrand Jacob, Roland Gingras a admis volontiers que la plaignante se rendait à son domicile et y avait même dormi. Mais pour ce qui est des accusations de gestes sexuels, il les nie.
«Je n'ai pas eu de rapports sexuels avec (le nom de la plaignante), ni avec d'autres que ma femme», a répété l'accusé, jeudi, au palais de justice de Trois-Rivières.
Ce dernier a aussi admis éprouver des problèmes érectiles depuis un infarctus subi en 1999. Plus tôt dans la journée, la plaignante avait affirmé en contre-interrogatoire que Gingras avait un pénis ferme lors des actions présumées. Elle avait aussi dit que l'accusé n'avait aucun problème à la pénétrer et qu'elle avait déjà utilisé de l'huile ou de la crème lors de masturbations.
Selon Roland Gingras, aucune huile à massage ne se trouve dans son logement, étant donné les allergies de sa conjointe à ce genre de produit. Me Marie-Ève Paquet, avocate de la poursuite, a cependant fait remarquer qu'un document relatant l'état de santé et la médication de l'accusé n'aborde pas les problèmes érectiles.
Durant son contre-interrogatoire, la plaignante a déclaré qu'elle a déjà raconté des mensonges par le passé à ses parents et à des amis. Elle a toutefois assuré que son témoignage devant la cour est la pure vérité.
Le procès reprendra le 9 novembre.
Requête rejetée
Le juge Jacques Trudel a rejeté jeudi une requête en non-lieu présentée par Me Jacob. Selon l'avocat de Gingras, il y a dans cette cause absence de preuve pour soutenir que la victime présumée est bel et bien une déficiente intellectuelle. Après avoir contre-interrogé la plaignante, Me Jacob affirmait que la cour n'avait aucun document prouvant sa déficience. Il avançait que l'aspect du non-consentement à des rapports sexuels n'avait pas été prouvé par la poursuite. Se basant sur les propos de la plaignante, l'avocat de la défense plaidait que cette dernière était capable d'avoir une opinion et qu'elle n'a jamais manifesté d'opposition lors des gestes présumés.
Me Paquet a répliqué en rappelant à la cour que des spécialistes concluent que la plaignante a un niveau d'intelligence limite et qu'elle est vulnérable. Son incapacité doit être considérée sur l'aspect de consentement à des agissements sexuels.
Si la requête en non-lieu avait été acceptée, Gingras aurait été libéré.