Le procès de Jimmy Boisvert en lien avec des présumées agressions sexuelles a commencé jeudi au palais de justice de Trois-Rivières.
Le procès de Jimmy Boisvert en lien avec des présumées agressions sexuelles a commencé jeudi au palais de justice de Trois-Rivières.

Procès de Jimmy Boisvert: «J’aurais dû lui sacrer un coup de poing sur la gueule»

Trois-Rivières — «Il me semble qu’un homme de cet âge-là devrait comprendre que je ne voulais pas.»

C’est en ces termes que la présumée victime de Jimmy Boisvert a qualifié l’attitude de l’entraîneur de boxe le soir du 19 novembre 2017 alors qu’il l’aurait agressée sexuellement. Incapable de retenir ses pleurs, elle a mentionné à quelques reprises qu’elle avait rejeté ses avances sexuelles en lui disant non et en lui demandant d’arrêter. «J’aurais dû lui sacrer un coup de poing sur la gueule mais je ne l’ai pas fait. Je suis restée raide comme une barre», s’est-elle exclamée dans le cadre de son témoignage.

Jimmy Boisvert subit présentement son procès au palais de justice de Trois-Rivières pour agression sexuelle devant le juge Jacques Trudel. Les faits qui lui sont reprochés seraient survenus dans la nuit du 18 au 19 novembre à l’ancien bar La Petite Grenouille, un établissement qui lui appartenait.

La plaignante s’entraînait alors depuis quelques mois au Club de boxe Performance. Elle y avait certes croisé Jimmy Boisvert, 45 ans, responsable des lieux. Ce dernier avait d’ailleurs prodigué quelques conseils à la boxeuse âgée de 31 ans mais sans plus puisqu’elle était entraînée à l’époque par Patrick Bilodeau.

Le 18 novembre, elle s’était rendue au gala de boxe organisé par le Club Performance dans le seul but d’encourager les pugilistes. Son coach l’avait ensuite invitée à venir terminer la soirée avec des membres de l’équipe à la Petite grenouille. Une fois au bar, Jimmy Boisvert serait venu s’asseoir à côté d’elle. Selon elle, ils auraient alors eu une première vraie conversation. Il lui aurait demandé si c’était elle qui avait encouragé avec vigueur un boxeur de l’équipe ce soir-là, ce qu’elle a admis. Il lui aurait alors rétorqué qu’elle criait fort et qu’elle était bruyante pour ensuite lui demander si elle était aussi bruyante au lit.

«Je ne m’attendais pas à cette question. J’étais mal à l’aise. Je lui ai répondu que j’étais comme ça dans toutes les sphères de ma vie.» Toujours selon elle, Jimmy Boisvert lui aurait ensuite dit qu’il aimerait la faire crier au lit comme ça. Il lui aurait aussi demandé si elle le trouvait de son goût et si elle avait déjà songé à coucher avec lui. Elle n’a pas caché qu’elle le trouvait bel homme après l’avoir vu en boxer au gymnase et qu’il n’avait qu’à regarder dans ses yeux pour avoir sa réponse mais la conversation se serait ensuite arrêtée.

Quelques minutes plus tard, alors que la plaignante se serait dirigée vers les toilettes du bar, Jimmy Boisvert l’aurait accrochée au passage en la tirant par le poignet pour l’amener dans l’arrière-boutique afin de lui éviter de faire la file aux toilettes. Il en aurait profité pour se rendre au sous-sol sous prétexte de lui montrer son premier gymnase de boxe.

Sur place, alors qu’ils étaient seuls, la plaignante soutient qu’il a essayé de l’embrasser, qu’il a mis les mains dans ses leggings afin de lui toucher les fesses. Et alors qu’elle détournait son visage et se raidissait, il aurait également essayé de toucher ses parties génitales pour ensuite retirer ses mains après qu’elle lui ait dit avoir ses menstruations.

Il lui aurait aussi montré son pénis en lui demandant de le toucher. Elle se serait écriée: «C’est assez! » Et pendant qu’il remontait ses pantalons, il lui aurait demandé de n’en parler à personne. Elle aurait ensuite monté dans l’escalier à toute vitesse pour retourner dans le bar et s’enfermer dans les toilettes pendant quelques minutes pour reprendre ses esprits.

Toujours au cours de la même soirée, le suspect serait revenu s’asseoir auprès d’elle pour caresser son dos et ses cuisses et lui faire de nouvelles avances sexuelles. «Il voulait savoir si j’avais déjà couché avec un homme marié et me proposait l’expérience. J’ai dit non.»

Et lorsqu’elle a quitté les lieux, il l’aurait de nouveau agressée en lui donnant des baisers dans le cou et en lui mordant les oreilles, tout en la prévenant de ne plus jamais remettre ses petits leggings roses au gymnase.

Au cours des deux journées suivantes, Jimmy Boisvert lui aurait écrit via Messenger qu’il était désolé s’il avait été tannant mais que c’était de sa faute à elle car elle l’avait en quelque sorte allumé avec ses cris d’encouragement au gala.

Elle a finalement porté plainte aux policiers contre lui quelques jours plus tard. Elle a aussi cessé d’aller au Club Performance. Elle soutient avoir dénoncé Jimmy Boisvert parce qu’elle ne voulait pas que des tels gestes se répètent, ayant appris qu’il aurait peut être eu un comportement inapproprié avec une autre femme.

L’avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, a ensuite commencé le contre-interrogatoire. L’objectif est d’attaquer sa crédibilité en la confrontant sur ses déclarations antérieures.

Le procès va se poursuivre vendredi. Le prochain témoin de la procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière, devrait être Patrick Bilodeau, l’entraîneur de la plaignante qui était présent au bar le soir en question et qui aurait reçu ses confidences sur les présumés agissements de Jimmy Boisvert.