Guillaume Dupont
Guillaume Dupont

Procès de Guillaume Dupont: la déclaration vidéo d’une présumée victime de deux ans et demi admise en preuve

Trois-Rivières — Une étape de plus vient d’être franchie dans le cadre du procès de Guillaume Dupont, cet ex-aide-éducateur en garderie accusé de contacts sexuels sur des fillettes.

La juge Dominique Slater a en effet accédé à la requête de la procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière, qui voulait déposer en preuve une déclaration faite par l’une des présumées victimes. Dans cette vidéo filmée par les parents, la fillette de deux ans et demi se sert de sa peluche pour mimer les attouchements sexuels commis par le présumé agresseur.

Pour que cette déclaration soit déposée en preuve et évite ainsi à l’enfant de témoigner en cour (ce qui constitue une mesure d’exception), la Couronne devait en prouver la nécessité. Elle devait aussi démontrer que sa déclaration était suffisamment fiable sans devoir passer par le processus habituel en cour. En ce sens, la Couronne a réussi à satisfaire les deux critères malgré les contestations de l’avocat de la défense, Me Pierre Spain. Ce dernier avait entre autres soulevé des doutes sur la clarté du langage de l’enfant lorsqu’elle avait donné le nom de son agresseur.

Cette nouvelle preuve au dossier vient donc s’ajouter à la déclaration incriminante faite par le prévenu lui-même lors de son arrestation et dans laquelle il avouait les délits sexuels. Celle-ci avait été jugée admissible en preuve à la suite d’un voir dire également. Encore là, Guillaume Dupont avait tenté de faire invalider cette déclaration mais la juge avait conclu qu’elle était libre et volontaire.

Entre le 1er décembre 2016 et le 7 mars 2017, Guillaume Dupont, 24 ans, se serait livré à des attouchements sexuels et des agressions sexuelles sur trois enfants âgés de 2 et 3 ans dans une garderie en milieu familial de Trois-Rivières. Parmi les gestes qui lui sont reprochés, il aurait notamment inséré un doigt dans leur vulve et il leur aurait fait des cunnilingus.

C’est à partir des verbalisations des présumées victimes qu’une enquête policière a été entreprise par la police de Trois-Rivières. Le suspect a pour sa part été congédié.

Lors de la première journée de procès le 9 mars dernier, la poursuite avait pu faire entendre trois témoins dont la mère de l’une des présumées victimes. Elle disait avoir constaté quelque temps après son entrée au service de garde des rougeurs au niveau de la vulve de la fillette. Des rougeurs qui, étrangement, n’apparaissaient que le mardi. La poursuite a d’ailleurs fait valoir que l’accusé venait travailler au service de garde uniquement les mardis. Les rougeurs s’estompaient dès que la maman appliquait une crème, mais revenaient systématiquement le mardi suivant.

Le procès va se poursuivre le 2 juin. À cette date, la Couronne devrait clore sa preuve. De son côté, Me Spain devra faire savoir au tribunal s’il entend ou non présenter une défense dans le cadre du procès. Dans le cas contraire, les deux parties passeront directement aux plaidoiries.