Daren Leclerc est accusé d’avoir agressé sexuellement trois femmes, dont une adolescente de 16 ans à l’automne 2016.

Procès de Daren Leclerc: la crédibilité d’une plaignante compromise

TROIS-RIVIÈRES — La crédibilité de l’une des présumées victimes de Daren Leclerc a de nouveau été compromise, jeudi, dans le cadre du procès du jeune homme pour des agressions sexuelles qui auraient été commises en septembre et octobre 2016 sur trois jeunes femmes, dont une mineure.

La veille, elle avait raconté tous les détails de l’agression sexuelle qu’elle aurait subie entre le 20 et le 24 septembre 2016. Au terme d’une soirée où elle avait consommé de l’alcool et du GHB sur une base volontaire, elle avait accepté l’offre du prévenu de la ramener chez lui. Si au départ ils s’étaient embrassés mutuellement, elle soutenait être devenue mal à l’aise lorsqu’il avait commencé à lui toucher les parties intimes. Il lui aurait mordu le cou et sucé les oreilles violemment au point de lui faire mal sans tenir compte de ses demandes visant à la ramener chez elle. Il l’aurait déshabillée pour ensuite la pénétrer de force en lui demandant pardon.

Or, l’avocat de la défense Me Matthieu Poliquin avait relevé des contradictions dans son témoignage et ses déclarations antérieures faites aux policiers. Ces contradictions portaient entre autres sur la quantité de GHB qu’elle consommait, sur la date de l’agression et sur le fil des événements. Encore jeudi, des différences ont été relevées entre ce qu’elle avait affirmé aux policiers en novembre 2016 et son témoignage de la veille sur sa consommation de GHB au point que Me Poliquin lui a demandé de reconnaître qu’elle avait menti. À ce sujet, elle a plutôt rétorqué avoir «contourné la vérité».

Des contradictions ont aussi été relevées entre son témoignage et celui de sa grande amie de l’époque.

Lors de son témoignage, cette dernière a avoué d’emblée qu’elle n’était pas fière de certains épisodes de son passé et de sa consommation importante de drogue en 2016. Elle a aussi précisé qu’elle n’était plus amie avec la plaignante, et ce, depuis le début de 2017. Elle l’a décrite comme une menteuse qui aime amplifier les choses, une manipulatrice et une hypocrite.

Néanmoins, lors de la présumée agression, elle était encore très proche d’elle et a bel et bien vu des hématomes et des rougeurs importantes sur le cou et les oreilles de la présumée victime sans être capable de préciser de quel côté exactement. Les jeunes femmes étaient alors réunies autour d’un feu avec d’autres amis, dont Daren Leclerc. Or, la veille, la plaignante avait affirmé que l’agression avait eu lieu après le feu et non avant. Aux dires de la témoin, la présumée victime lui a raconté l’agression sans toutefois «apparaître trop perturbée ou en crise de panique. On dirait qu’elle ne réalisait pas», a-t-elle d’ailleurs précisé.

Dans les jours suivants, les jeunes femmes auraient par ailleurs appris, via Facebook, que Daren Leclerc avait commencé à fréquenter une autre jeune femme, âgée de 16 ans. Comme la témoin la connaissait, elle l’a contactée pour la mettre en garde contre Daren Leclerc en lui parlant de l’agression qui aurait été commise sur son amie en prenant soin de l’identifier.

Sur le coup, la jeune fille lui aurait répondu qu’elle était capable de se défendre. Or, quelques jours plus tard, au début d’octobre, elle lui a annoncé qu’elle venait elle aussi d’être agressée. «Je les ai alors ‘‘ploguées’’ ensemble pour que ça fasse plus de dommages», a raconté la témoin. Invitée à élaborer sur ces propos, elle a expliqué que selon elle, Daren Leclerc méritait d’être puni et que l’impact serait plus fort s’il y avait plus de plaignantes.

Effectivement, des discussions ont eu lieu sur les réseaux sociaux entre les deux plaignantes, ce qui a entraîné le dépôt d’une nouvelle plainte.

Le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, a aussi fait témoigner dans la journée une autre amie de cette jeune femme qui a affirmé elle aussi avoir vu des marques dans son cou lors d’un cours d’histoire à l’école bien que la veille, la plaignante avait plutôt parlé d’un cours d’éducation physique.

Enfin, la journée a pris fin avec le témoignage de la mère de la seconde plaignante. Selon elle, sa fille de 16 ans était méconnaissable lorsqu’elle lui a appris la nouvelle et pleurait beaucoup. Dès le lendemain matin, elle a emmené sa fille au poste de police afin de porter plainte. Elles se sont ensuite rendues à l’hôpital pour une trousse médico-légale. Elle a déploré l’absence de soutien des policiers. «Ma fille avait peur. Elle ne voulait plus sortir de la maison. J’ai dû quitter mon emploi pour rester avec elle», a-t-elle mentionné.

Vendredi, le procès devrait se poursuivre avec le témoignage de sa fille.