Damien Miville-Deschênes, qui était régisseur aux opérations, au marketing et à la publicité de l'île Saint-Quentin, est accusé de fraude.

Procès de Damien Miville-Deschênes: des dépenses à des fins personnelles

Le procès de Damien Miville-Deschênes, cet ancien régisseur aux opérations, au marketing et à la publicité de l'île Saint-Quentin qui est accusé de fraude, d'utilisation frauduleuse d'une carte de crédit et d'abus de confiance, s'est poursuivi, mercredi, au palais de justice de Trois-Rivières.
Rappelons d'emblée qu'on lui reproche des dépenses non approuvées de plus de 5600 $ entre mai et août 2013. Les sommes avaient été remboursées mais une plainte avait néanmoins été portée. Le suspect avait pour sa part démissionné.
Selon la preuve déposée par la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, Miville-Deschênes aurait notamment fait payer à la Corporation plusieurs nuitées d'hébergement dans un hôtel, la location d'un bateau, des consommations alcoolisées dans un bar du centre-ville et un compte en souffrance de câblodistribution à des fins personnelles.
Jean-Philippe Grenier était justement coordonnateur des opérations à la Corporation de l'île Sainte-Quentin. Il travaillait en étroite collaboration avec Damien Miville-Deschênes qui était alors son supérieur immédiat. Les deux hommes étaient même devenus des amis proches jusqu'aux événements de l'été 2013. M. Grenier a relaté avoir perdu confiance en son ami à la lumière des agissements dont il a été témoin et des factures non autorisées qu'il voyait passer. 
Il a notamment donné en exemple la location d'un ponton qui, règle générale, était loué à la journée lors d'événements corporatifs. Il a raconté que le prévenu avait supposément pris une entente avec la compagnie propriétaire du ponton pour le louer tout l'été à raison de 3000 $, et ce, afin d'augmenter l'offre auprès de la clientèle. Or, la location aurait plutôt coûté 12 000 $. Qui plus est, le ponton aurait également été utilisé à des fins personnelles au moins une fois par semaine par le prévenu. 
Julie Fréchette, copropriétaire des Suites de Laviolette, a pour sa part confirmé qu'il y avait eu des ententes pour offrir de l'hébergement à la troupe de danseurs qui se produisait à l'île Saint-Quentin en échange de publicité. Elle a aussi mentionné que Damien Miville-Deschênes était demeuré à hôtel à la suite d'une rupture conjugale, et ce, pendant plusieurs jours mais qu'il avait cependant acquitté la facture en bout de ligne. 
À titre d'adjointe administrative à la Corporation, Linda Roxanne Dubé a de son côté constaté que des factures et dépenses n'avaient pas été approuvées par la direction. On lui aurait alors mentionné qu'il s'agissait des dépenses personnelles du suspect. Selon elle, il a cependant fini par rembourser les sommes dues qui totalisaient plus de 5642 $ entre autres par le prélèvement de ses paies.
Enfin, Roberto Izzi était le responsable de la troupe de danse. Il a affirmé n'avoir rien à reprocher à Damien Miville-Deschênes sur le plan de la promotion. Par contre, il lui doit encore la somme de 600 $.
Il a raconté que Miville-Deschênes avait loué une maison avec une piscine intérieure à Champlain pour héberger les membres de la troupe en prétendant que la Corporation allait payer alors qu'il s'était plutôt vu refiler la facture. À cela, il faut ajouter des sommes d'argent pour le kilométrage des membres de la troupe et les services d'un percussionniste de sorte qu'en bout de ligne, il a dû payer 5072 $. Il soutient que le suspect lui a finalement remboursé la somme de 4400 $. 
Le procès va se poursuivre jeudi avec la preuve de la défense assurée par Me David Guévin.