Alexis Vadeboncoeur

Procès civil dans l'affaire Alexis Vadeboncoeur: un expert témoigne sur la vidéo

TROIS-RIVIÈRES — Le procès civil des quatre policiers de Trois-Rivières qui ont procédé à l’arrestation d’Alexis Vadeboncoeur en février 2013 s’est poursuivi, mercredi, avec le témoignage de Denis Rancourt, un expert en biomécanique qui se spécialise dans le traitement des signaux.

Il s’agit en fait du même expert qui avait témoigné lors du procès criminel des quatre policiers. Il avait alors analysé la fameuse vidéo de surveillance du cégep de Trois-Rivières où l’on voit les policiers arrêter Vadeboncoeur après un vol qualifié. Selon lui, même si les coups portés par les policiers apparaissaient rapides et d’une grande force, ils ne l’étaient pas nécessairement dans la réalité. Dans un très long témoignage en faveur des policiers, il avait notamment expliqué que les mouvements que l’on voyait sur la vidéo étaient plus rapides que la normale en raison du phénomène de compression et décompression des images, ce qui en modifiait la perception des faits. Ceci était attribuable à plusieurs facteurs tels que le processus d’acquisition des images par la caméra de surveillance du cégep, l’enregistrement des fichiers dans leur système, la compression des données et ensuite la diffusion de la vidéo.

Dans le cadre du procès civil, il a répété les mêmes affirmations. Le fichier vidéo a encore une fois été analysé image par image. M. Rancourt a expliqué que le système de surveillance ne capte que 7 images par seconde, plutôt que les 30 filmées en temps réel.

On sait que les agents Dominic Pronovost, Barbara Provencher et Marc-André Saint-Amant avaient été acquittés sur toute la ligne. Seul Kaven Deslauriers avait été déclaré coupable de voies de faits simples. Dans leur défense, les policiers avaient affirmé avoir donné des frappes de diversion parce que Vadeboncoeur résistait et refusait entre autres de sortir ses mains cachées sous lui. Ils craignaient qu’il ne cache une autre arme.

Rappelons qu’Alexis Vadeboncoeur réclame 490 000$ aux policiers en dommages et intérêts pour avoir utilisé une force excessive contre lui lors de son arrestation. Au départ, la poursuite avait été fixée à 2,3 millions $ mais révisée à la baisse lors de l’arrivée au dossier du nouvel avocat de Vadeboncoeur, Me François Daigle. À l’ouverture du procès lundi, ce dernier a rappelé que l’acquittement des trois policiers sur quatre ne changeait rien au débat, pas plus que l’identité du poursuivant. «La preuve au criminel est hors de tout doute raisonnable alors qu’au civil, elle est faite selon la prépondérance des probabilités. Même s’il y a un acquittement au criminel, il peut y avoir une faute au civil, qui est condamnable en terme monétaire», avait-il expliqué.

Son client est d’ailleurs absent. Il est présentement détenu en lien avec des menaces qu’il aurait proférées et le trafic de stupéfiants entre autres.

De toute façon, Me Daigle a déjà fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de le faire témoigner. Sa preuve repose principalement sur la fameuse vidéo qui selon lui, parle par elle-même.

De son côté l’avocat des policiers, Me Jean-François Raymond, a lui aussi annoncé qu’il n’avait pas besoin d’interroger Vadeboncoeur dans le cadre de ce procès civil.

Le témoignage de M. Rancourt a été suivi au cours de la journée par ceux de Barbara Provencher et Marc-André Saint-Amant. Les autres policiers et un expert en utilisation de la force seront appelés à la barre au cours des prochains jours.

D’autre part, notons que l’avocat des policiers a présenté plus tôt cette semaine une requête en rejet. Or, la juge Marie-Paule Gagnon a conclu que celle-ci ne pourrait être plaidée uniquement qu’après l’instruction complète de la présente affaire, c’est-à-dire à la fin du procès lors de la plaidoirie finale.