Présumés abus sexuels sur sa belle-fille: un homme est acquitté

Trois-Rivières — Un homme de 40 ans, soupçonné d’avoir abusé sexuellement de sa belle-fille pendant quatre ans, a finalement été acquitté de toutes les accusations portées contre lui.

Tout en se disant conscient qu’une certitude absolue est impossible en droit, le juge David Bouchard est d’avis que la preuve n’a pas été faite hors de tout doute raisonnable que cet homme s’était livré à des abus sur la jeune fille. Il l’a donc acquitté sur les chefs d’agression sexuelle, d’attouchements sexuels et d’incitation à des contacts sexuels.

Le litige portait en effet sur la crédibilité des témoins. D’un coté, la plaignante affirmait avoir été victime à plusieurs reprises d’attouchements sexuels entre 2012 et 2016 dans la résidence familiale située à l’époque à Aston-Jonction. Elle était alors âgée entre 8 et 12 ans.

Elle aurait dénoncé les agissements de son beau-père à sa mère mais il aurait malgré tout recommencé après une période d’accalmie. Comme les relations avec sa mère étaient difficiles, elle se serait plus tard confiée à une psychoéducatrice de l’école, ce qui avait déclenché un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse. Après avoir rencontré les policiers, la jeune fille avait été sortie de ce milieu. Elle était demeurée pendant une semaine chez une amie de sa mère. Elle avait ensuite vécu chez son père pendant quelques mois pour finalement être confiée à une famille d’accueil.

D’un autre côté, le suspect avait nié en bloc les allégations formulées par la plaignante. Il en va de même pour la mère de la jeune fille, qui est d’ailleurs toujours en couple avec cet homme. Ils avaient tous les deux laissé sous-entendre que la victime avait inventé cette histoire parce qu’elle désirait retourner vivre chez son père.

Dans son évaluation, le juge a rappelé qu’un procès criminel n’est pas un concours de crédibilité. Il a cependant considéré que le prévenu n’était pas évasif dans ses réponses, ni hésitant. Selon lui, son témoignage était même compatible avec d’autres faits et d’autres témoignages. De même, il ne peut rejeter le témoignage de la mère, jugé lui aussi cohérent.

Par contre, il estime que le témoignage de la plaignante a un faible niveau de fiabilité en raison de ses nombreuses imprécisions, de ses difficultés à se situer dans le temps et de plusieurs petits détails qui finissent en bout de ligne par porter ombrage à sa crédibilité.