La fraudeuse présumée, Nancy Demers, 52 ans, est détenue depuis son arrestation par la police de Longueuil, le 31 janvier.

Présumée fraudeuse de restos épinglée

Xuan Phan et Tony Tannous espéraient que leurs publications sur Facebook allaient permettre d'épingler une femme soupçonnée d'avoir fraudé leurs restaurants à Québec durant l'automne. Ils savent maintenant que leur tactique a fonctionné.

En octobre, une femme bien vêtue qui se disait professeure à l'Université Laval s'est présentée au comptoir du Sushi to Go, sur la rue Saint-Jean. Elle prétendait s'être étouffée avec un morceau de pellicule plastique retrouvé dans ses sushis et avoir failli mourir.

La femme disait avoir pris l'assiette de luxe, d'une valeur de 75 $, et exigeait un remboursement. Sinon, elle menaçait de porter plainte de faire une mauvaise réputation au resto sur les réseaux sociaux. Elle a obtenu les 75 $ qu'elle demandait.

Mais lorsque Mme Phan, la propriétaire du Sushi to Go, est revenue au resto, elle n'a vu aucune facture pour une assiette de luxe et s'est dit qu'elle avait été fraudée. Elle a publié la description de l'escroquerie sur Facebook. 

M. Tannous, qui est propriétaire de la Galette libanaise, sur l'avenue Maguire, a alors publié une vidéo de la suspecte captée par ses caméras de surveillance. Il a aussi transmis un fichier pour encourager les restaurateurs à faire une plainte à la police.

Une centaine d'entre eux à Québec et quelque 200 dans le reste de la province ont écrit à Tony Tannous pour lui dire qu'ils avaient été eux aussi victimes de la présumée fraudeuse. «Ç'a vraiment fait boule de neige», dit-il.

Stratagème répété

Le stratagème aurait été à peu près toujours le même : un prétendu étouffement avec une pellicule de plastique. Les sommes que la suspecte réclamait auraient oscillé entre 30 $ et 150 $. 

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a enregistré à lui seul 18 plaintes. Un mandat d’arrestation a été lancé et la suspecte a été arrêtée par la police de Longueuil, le 31 janvier. 

La fraudeuse présumée, Nancy Demers, 52 ans, est détenue depuis. Elle comparaîtra mercredi au palais de justice de Québec pour faire face à des accusations de fraude.

Xuan Phan est ravie que la fraudeuse présumée ait été arrêtée. «Elle a vraiment joué avec notre intégrité», dit-elle, à propos du faux étouffement et des menaces qui auraient été brandies par la suspecte.  

Tony Tannous est lui aussi satisfait de l'arrestation. Comme Mme Phan, il croit que c’était une bonne idée de mettre Facebook à contribution.

Il a reçu des messages à profusion durant les deux semaines qui ont suivi sa publication, et cela a accaparé beaucoup de temps dans son horaire. Mais au final, la tactique a aidé à mettre le grappin sur la suspecte, constate-t-il.  

«Les réseaux sociaux ne devraient pas être un tribunal populaire, dit-il. Mais là, ç'a aidé à l'attraper».