Porno juvénile: «Je ne leur fais pas de mal, je fais juste les regarder»

LA TUQUE — Gaston Veillette a pris le chemin de la prison, mardi, après son passage au palais de justice de La Tuque. Le sexagénaire a été condamné à 12 mois d’emprisonnement en lien avec de la pornographie juvénile.

L’enquête avait débuté alors que l’individu avait commandé des DVD contenant de la pornographie juvénile de la Thaïlande.

«Les DVD ont été interceptés à la douane», a indiqué le procureur de la Couronne.

Une perquisition a ensuite eu lieu au domicile de Gaston Veillette. Les autorités ont mis la main sur environ 250 fichiers considérés comme de la pornographie juvénile.

Gaston Veillette avait été arrêté en février 2018 et avait collaboré avec les services policiers. L’homme de 62 ans s’est adressé au Tribunal avant que le juge prononce la sentence.

«Je suis prêt à suivre une thérapie si ça peut me sortir de ce problème-là. Je pense que ça peut m’aider», a-t-il lancé.

Il a par la suite tenté d’expliquer ses gestes après avoir reconnu qu’il avait une problématique.

«J’aime la nudité enfantine, les petites filles parce que les garçons, ça ne m’intéresse pas. […] J’ai toujours contrôlé cette attirance-là parce que j’aurais eu des occasions, mais je n’ai jamais touché à un enfant. Jamais», a-t-il affirmé.

«J’ai assez de contrôle pour ne pas toucher de vrais enfants. C’est comme si pour moi les enfants que je vois sur internet ne sont pas réels. Je ne leur fais pas de mal, je fais juste les regarder», a-t-il poursuivi.

Gaston Veillette a par ailleurs souligné qu’il avait pris conscience des «dommages collatéraux».

«C’est ce que je ne comprenais pas […] J’aime les enfants, je ne leur ferais aucun mal», a-t-il souligné au juge.

«Ça me fait mal, je me sens comme un écœurant chien sale. Je ne veux pas qu’il se fasse faire mal pour satisfaire mes besoins pervers», a-t-il ajouté.

Il faut dire que le sexagénaire avait fait l’objet d’un rapport pré-sentenciel et d’un rapport sexologique, rapports qui ont été qualifiés de négatifs.

«Ce qui nous inquiète, c’est qu’il ne veut pas d’aide. Il sait depuis longtemps qu’il a une problématique […] Il a besoin d’aide et il ne semble pas vouloir en recevoir beaucoup», a noté le procureur de la Couronne concernant le rapport.

«Le risque de récidive est élevé», a-t-il ajouté.

Le juge David Bouchard a finalement entériné la suggestion commune des deux avocats de 12 mois d’emprisonnement assorti d’une probation de trois ans avec suivi. Gaston Veillette devra respecter de nombreuses conditions.

Il lui sera notamment interdit d’utiliser Internet ou tout autre réseau numérique. Il ne pourra pas se trouver dans un parc public ou une zone publique où l’on peut se baigner s’il y a des personnes âgées de moins de seize ans ou s’il est raisonnable de s’attendre à ce qu’il y en ait, comme une garderie, un terrain d’école, un terrain de jeu ou un centre communautaire. Gaston Veillette ne pourra pas avoir des contacts avec une personne âgée de moins de seize ans.

Gaston Veillette devra également fournir un échantillon d’ADN et être inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité.