Plusieurs dizaines d'arbres ont été déracinés à la suite des vents violents qui ont touché le secteur.

Pointe-du-Lac frappé durement par la tempête

La tempête qui s'est abattue sur Trois-Rivières en fin d'après-midi jeudi a causé d'importants dommages, notamment dans le secteur Pointe-du-Lac. Plusieurs dizaines d'arbres ont été déracinés et des toits de résidences ont même été soulevés.
<p>Le toit de ce bâtiment du Club Multivoile a été soulevé par la force des rafales.</p>
<p>L'opération de nettoyage s'est amorcée quelques minutes après le passage de la tempête. Plusieurs dizaines d'arbres ont été déracinés.</p>
Sur la rue Notre-Dame Ouest, la zone dévastée est restreinte, environ deux kilomètres. Le couloir des vents a été particulièrement violent à la hauteur du Club Multivoile 4 saisons. Six arbres ont été déracinés sur le terrain, alors que les toits de plusieurs bâtiments ont été soulevés, sans pour autant s'envoler. La pluie s'est donc introduite dans les chalets, causant plusieurs dommages.
Certains bateaux du club ont quant à eux été projetés dans les arbres ou encore éparpillés sur le site.
«Il y avait trois ou quatre catamarans qui se sont retrouvés dans les arbres. Il y a aussi un toit de galerie qui a carrément reviré de côté. Il faudra refaire la galerie au complet et on venait tout juste de reconstruire le plancher, nous n'avions même pas eu le temps de mettre la teinture», soupire la directrice générale du club, Dominique Vallée.
Pourtant, la journée était calme au Club Multivoile, à un point tel que les athlètes n'avaient pu faire de voile lors de la journée, faute de vent. Soudainement, le ciel s'est noirci au-dessus du fleuve Saint-Laurent et les huit personnes sur le site ont vite compris qu'il était temps de se mettre à l'abri.
Des équipements présents sur le site ont calculé que les rafales avaient atteint la vitesse de 150 km/h. Par contre, au dire des témoins, pas de signe du fameux entonnoir typique du passage d'une tornade.
«C'est la deuxième fois de ma vie que quelque chose de la sorte m'arrive. Une tornade était passée sur mon appartement où j'habite en Floride. Mais cette fois, on voyait que ça ne tournait pas. C'était un gros coup de vent, constant», a raconté Mme Vallée.
L'impact a été si fort que la vaisselle qui était dans un des bâtiments s'est brisée à la suite du passage de cette microrafale.
Pour l'instant, impossible d'évaluer les dommages aux huit locaux du club, tous endommagés, et aux embarcations. Fort heureusement, les assurances couvriront une partie des dommages.
«Ça fait 22 ans que je suis ici. Tout ce qui s'est fait ici, c'est avec du jus de bras. Les gens ont beau penser que nous avons de l'argent parce que nous sommes une école de voile, mais tout ici s'est fait grâce au travail des bénévoles. C'est dommage, mais on va se relever les manches», a clamé la présidente de l'organisme, Joan Vallée.
Un nettoyage nécessaire
Les forts vents qui ont frappé le secteur ont laissé leur trace sur la rue Notre-Dame Ouest. Des deux côtés de l'artère, on retrouvait un nombre incalculable de branches, sans compter les arbres déracinés. Quelques moments après le passage de l'orage, l'heure était au nettoyage.
Un résident a même vu sa balançoire, qui était pourtant fixée au sol, se détacher et se retrouver une centaine de mètres plus loin, en pièces détachées.
«Depuis 1986, c'est la plus forte tempête que j'ai vue, a noté le propriétaire des lieux, Réjean Côté. À l'époque ma tente roulotte s'était envolée.»
Le météorologue d'Environnement Canada René Héroux confirme que c'est bel et bien une microrafale qui a touché la région. Des vents d'une vitesse environnant les 85 km/h ont été enregistrés à plusieurs endroits.
«C'est une ligne d'orages qui a traversé la région avant de poursuivre vers Québec. Il y a eu chute de grêle à Louiseville ainsi qu'à d'autres endroits en Mauricie», a-t-il indiqué.
Pannes de courant
En plus des arbres arrachés, la tempête a laissé des traces sur les installations d'Hydro-Québec, puisque 9900 clients se sont retrouvés sans électricité pendant plusieurs heures. Les pannes ont touché majoritairement Trois-Rivières, mais aussi Bécancour, Nicolet et la MRC de Maskinongé. L'autoroute 40 a même dû être fermée à la hauteur du kilomètre 192 durant une bonne partie de l'après-midi.
Les ouvriers du ministère des Transports du Québec s'affairent depuis quelques semaines à réparer la dalle de béton du pont d'étagement situé à cet endroit, qui donne accès au chemin des Petites-Terres.
Une forte bourrasque de vent a toutefois détaché la toile située sous la structure, celle-ci servant à attraper les morceaux de béton qui pourraient se détacher lors des opération de rénovation.
La toile s'est retrouvée sur l'autoroute, si bien que les employés ont dû fermer le tronçon dans les deux directions.
«Il n'y a pas eu d'accident et il n'y a pas de véhicule endommagé. Nous avons fermé le tronçon par mesure de sécurité afin de nettoyer l'autoroute», explique Jean Lamarche, porte-parole du ministère des Transports.
La fermeture a causé des bouchons de circulation monstres sur le chemin Sainte-Marguerite et la rue Notre-Dame Ouest.