Plaidoiries sur sentence pour Guillaume Dupuis-Roy

TROIS-RIVIÈRES — Guillaume Dupuis-Roy, cet individu qui a proféré des menaces contre un juge et un psychiatre, était de retour devant le tribunal dans le cadre des plaidoiries sur sentence lundi.

Le procureur de la Couronne, Me Jean Caron, a réclamé qu’une peine de 18 à 24 mois de prison lui soit imposée en insistant sur les critères de dissuasion et de dénonciation. Il a aussi fait état de ses nombreux antécédents judiciaires, dont ceux en matière de violence, sans compter plusieurs bris d’engagements et bris de probation.

Le 17 juillet 2017, il avait proféré des menaces contre le juge Jacques Trudel en disant notamment qu’il lui crèverait les yeux avec ses lunettes. Il avait aussi tenu des propos menaçants contre le psychiatre Alexandre Dumais. Ces délits avaient tous été commis alors qu’il venait d’être déclaré délinquant à contrôler par le juge Trudel, et ce, pour une période de sept ans. Le psychiatre avait notamment conclu que son risque de récidive en matière de violence était très élevé.

Or, l’avocat de la défense Me Louis R. Lupien a tenu, lundi, à apporter certaines nuances sur les faits reprochés à son client. Il a ainsi rappelé que ces paroles n’avaient pas été prononcées en pleine salle d’audience mais plutôt dans une autre pièce dédiée à la visioconférence. Le micro était fermé et seuls les agents de services correctionnels avaient entendu les menaces.

Qui plus est, Guillaume Dupuis-Roy est connu pour ses problèmes de santé mentale et de consommation. Et comme il peut lui arriver de se désorganiser, il n’avait pas été emmené dans le box des accusés le 17 juillet 2017 lorsque le juge Jacques Trudel l’avait déclaré délinquant à contrôler.

«C’est une erreur d’avoir perdu les pédales mais on ne peut pas lui imposer deux ans de prison pour un écart de langage. Il a eu des paroles insensées et il s’en est excusé par la suite», a précisé Me Lupien.

En septembre dernier, l’individu avait d’ailleurs décidé de plaider coupable aux chefs de menaces et d’intimidation. Du coup, il avait été libéré avec des engagements puisque ses peines de prison dans les causes antérieures étaient terminées.

Me Lupien a rappelé que son client fonctionnait très bien depuis qu’il avait été remis en liberté. Celui-ci doit résider 24 heures sur 24 dans un centre correctionnel communautaire et il travaille plus de 37 heures par semaine. En ce sens, Me Lupien a réclamé à la juge Claire Desgens que la réinsertion sociale de son client soit priorisée pour préserver ses acquis. Et selon lui, celle-ci passerait par une sentence suspendue ou du moins, la peine la moins privative de liberté.

La juge a demandé à ce que la cause soit reportée au 7 février. D’ici là, un rapport portant sur le cheminement de Guillaume Dupuis-Roy devra lui être acheminé pour guider sa réflexion.