Coryne Gauvin Landry a reconnu sa culpabilité, vendredi, d'avoir subtilisé de l'argent et des cartes d'institutions financières dans des résidences pour personnes âgées de Trois-Rivières.

Placement syndical sur un chantier: un représentant de la FTQ reconnu coupable

Un représentant syndical de la FTQ Construction, Marcel Duchesne, vient d'être reconnu coupable d'avoir fait du placement syndical sur un chantier de construction de Nicolet.
Dans une décision rendue le 28 juin dernier, la juge de paix magistrat Annie Vanasse a en effet déclaré Marcel Duchesne coupable d'avoir référé de la main-d'oeuvre en contravention à la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans la construction. Elle l'a par contre acquitté du chef d'intimidation. 
Aux dires de Me Marie-Ève Patry, qui a piloté ce dossier pour la Direction des poursuites criminelles et pénales, c'est l'une des premières fois dans la région que ce type d'infraction se termine devant les tribunaux depuis les modifications apportées à la loi. 
Marcel Duchesne devra revenir devant le tribunal en novembre pour connaître sa sentence. Il est passible d'amendes minimales qui varient entre 1000 $ et 1500 $ puisqu'il s'agit d'une première offense de cette nature pour lui. L'impact serait toutefois très important puisqu'il pourrait perdre son emploi de représentant syndical. Son avocat, Me Antoine Berthelot, a d'ailleurs demandé de reporter la cause pour vérifier certaines informations. 
Selon le jugement, la compagnie de construction Germain, propriété de Guy Germain, a commencé des travaux de construction à l'Hotel Montfort à Nicolet en mars 2014. Le 17 mars, Marcel Duchesne s'est présenté sur le chantier pour y rencontrer M. Germain. Il lui aurait recommandé fortement d'embaucher un travailleur. M. Germain a refusé en disant qu'il n'en avait pas besoin mais que le travailleur en question pouvait toujours passer le voir. Ce dernier s'est présenté à deux ou trois reprises sur le chantier mais M. Germain a refusé de l'engager sous prétexte qu'il n'avait pas les qualifications requises.
Toujours selon les faits retenus par le tribunal, M. Duchesne est revenu sur le chantier le 14 avril 2014. Il s'en est pris verbalement à M. Germain en l'accusant  d'avoir insulté un de ses travailleurs. Il était alors agressif. Une altercation verbale s'est ensuite déroulée entre les deux hommes.
M. Germain l'a sommé de quitter le chantier. Il l'a poussé à deux mains au niveau du torse. M. Duchesne lui a dit qu'il allait revenir accompagné de «ses chums» et qu'il allait voir «c'est quoi la FTQ.» Craignant des représailles, M. Germain a signalé la situation à l'APCHQ. 
Deux jours plus tard, M. Duchesne est revenu avec deux de ses collègues, dont un de ses supérieurs. M. Germain a refusé de leur parler et leur a ordonné de quitter, ce qu'ils ont fait après un certain temps. M. Germain a ensuite porté plainte à la CCQ. Des accusations de placement syndical et d'intimidation ont plus tard été portées par le DPCP contre M. Duchesne. 
Dans cette affaire, le litige portait sur la crédibilité. Après analyse des témoignages, le tribunal a écarté la version de M. Duchesne. La juge Vanasse ne l'a pas cru sur plusieurs points, notamment lorsqu'il a prétendu être demeuré calme. Elle ne comprend pas pourquoi il est retourné sur les lieux deux jours plus tard alors qu'il a admis qu'il n'y avait pas d'urgence. En plus, M. Duchesne s'est dit apeuré par M. Germain à la suite d'une altercation où il y a eu des voies de fait mais, malgré sa visite à la police, il n'a pas porté plainte. Il a par contre déposé une plainte pour les dérogations en matière de sécurité qu'il aurait observées sur le chantier. 
En guise de défense, M. Duchesne avait affirmé que c'est M. Germain qui lui avait demandé de lui référer de la main-d'oeuvre, ce qu'il avait refusé. Et c'est parce qu'il se disait outré que M. Germain ait refusé d'embaucher un travailleur à cause de son âge qu'il s'était présenté sur le chantier pour obtenir des explications. Il disait avoir été très mal reçu au point d'être poussé.  
Or, sa version n'a soulevé aucun doute raisonnable dans l'esprit du tribunal. La chronologie des événements a confirmé la théorie de la poursuite «à l'effet que M. Duchesne réfère de la main-d'oeuvre, se frustre du fait qu'on ne suive pas ses recommandations et tente de calmer le jeu sur une enquête éventuelle.»
Il a donc été déclaré coupable sur cette infraction. Par contre, en ce qui concerne le chef d'intimidation, le tribunal considère que la poursuite n'a pas prouvé que M. Duchesne avait fait des pressions sur M. Germain dans le but que celui-ci embauche un travailleur au détriment d'un autre.